II

Nous ne prétendons pas discuter ici pour ou contre la nature

d'inspiration directe ou indirecte de ces livres sacrés; ce n'est ni

la place, ni le sujet de ces controverses dans un Cours de

littérature. Si Dieu s'était déclaré l'auteur de ces livres ou de ces

chants, l'historien de ses propres mystères, le poëte de ses propres

oeuvres, quel serait donc l'insecte assez superbe, assez insensé et

assez sacrilége pour se poser en critique du Créateur de la pensée et

de la parole? Admirer, dans ce cas, serait presque aussi insolent et

aussi impie que critiquer. Il n'y aurait qu'à s'abîmer devant le Barde

suprême dans le silence et dans la poudre! La langue blasphémerait

contre le palais! l'argile en remontrerait au potier!

Nous pensons à cet égard comme _La Harpe_ dans son Cours de

Littérature ou plutôt de rhétorique sacrée.

«Quand les poëmes de Moïse, de David, d'Isaïe, ne nous auraient été

donnés que comme des productions purement humaines, ils seraient

encore, par leur originalité, par leur antiquité, dignes de toute

l'attention des hommes qui pensent, et, par les beautés littéraires

dont ils brillent, dignes de l'admiration et de l'étude de ceux qui

ont le sentiment du beau.»

Lisons donc ces chants inspirés; ils ont passé par des bouches

humaines, et, sous ce point de vue au moins, ils ressortent du

jugement humain.

Cours familier de Littérature - Volume 05 · 第 97 / 177 题