Nous ne prétendons pas discuter ici pour ou contre la nature
d'inspiration directe ou indirecte de ces livres sacrés; ce n'est ni
la place, ni le sujet de ces controverses dans un Cours de
littérature. Si Dieu s'était déclaré l'auteur de ces livres ou de ces
chants, l'historien de ses propres mystères, le poëte de ses propres
oeuvres, quel serait donc l'insecte assez superbe, assez insensé et
assez sacrilége pour se poser en critique du Créateur de la pensée et
de la parole? Admirer, dans ce cas, serait presque aussi insolent et
aussi impie que critiquer. Il n'y aurait qu'à s'abîmer devant le Barde
suprême dans le silence et dans la poudre! La langue blasphémerait
contre le palais! l'argile en remontrerait au potier!
Nous pensons à cet égard comme _La Harpe_ dans son Cours de
Littérature ou plutôt de rhétorique sacrée.
«Quand les poëmes de Moïse, de David, d'Isaïe, ne nous auraient été
donnés que comme des productions purement humaines, ils seraient
encore, par leur originalité, par leur antiquité, dignes de toute
l'attention des hommes qui pensent, et, par les beautés littéraires
dont ils brillent, dignes de l'admiration et de l'étude de ceux qui
ont le sentiment du beau.»
Lisons donc ces chants inspirés; ils ont passé par des bouches
humaines, et, sous ce point de vue au moins, ils ressortent du
jugement humain.