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Cependant Hector et les Troyens donnent l'assaut aux retranchements

des Grecs. Cet assaut, où les guerriers de toutes les peuplades de la

Grèce et tous ceux de la Troade sont tour à tour le sujet rapide d'un

chant du poëte, est pour chaque race, pour chaque ville et pour chaque

île une inscription populaire qui répartit à chacun sa part de gloire

éternelle.

Les Troyens, prêts à franchir le retranchement, s'étonnent de se voir

arrêter par deux combattants inébranlables sur la muraille. «Mais

tels, disent-ils, que des abeilles ou des guêpes à corsage de diverses

couleurs, qui, ayant construit leurs ruches sur les bords d'un chemin

rocailleux, n'abandonnent point leurs creuses demeures, et, résistant

à leurs ennemis, défendent leur race avec héroïsme, tels ces deux

guerriers, quoique seuls, ne veulent pas déserter les portes, etc.,

etc.»

La victoire est indécise, quand un prodige, où le naturel des animaux

est décrit comme par Pline ou par Audubon, attire et suspend

l'attention des deux armées. Écoutez, ou plutôt voyez!

«Un aigle intrépide, laissant à sa gauche l'armée des Troyens en

s'élevant dans les airs, emporte entre ses ongles un serpent énorme,

sanglant, vivant, palpitant encore. Le reptile n'a point cessé de

combattre, mais, se repliant en arrière, il mord et déchire le flanc

de son ennemi, qui l'étouffe dans ses serres; l'oiseau, vaincu par la

douleur, le rejette loin de lui sur la terre. Le serpent tombe au

milieu des combattants, et l'aigle, avec des cris aigus, s'envole dans

les airs, emporté par le souffle des vents.»

On raconte avec effroi ce prodige à Hector, littéralement dans les

mêmes vers que nous venons de citer. «Que m'importe, dit le héros, le

vol capricieux des oiseaux? Je ne m'en préoccupe pas; je ne me demande

pas si à ma droite ou à ma gauche ils volent du côté de l'aurore et

du soleil, ou si à ma gauche ils volent vers le ténébreux Occident.

Pour nous, n'obéissons qu'à la volonté souveraine du grand Jupiter. Le

plus sûr des augures, c'est de combattre pour sa patrie.» Ces vers

d'Homère témoignent assez qu'il y avait dès ces jours antiques une

piété raisonnée et sérieuse qui dédaignait les crédulités populaires,

et qui croyait à la conscience, seul oracle du patriotisme et du

devoir. La raison n'est pas plus nouvelle dans l'humanité que

l'humanité n'est nouvelle sur la terre. L'homme a été créé complet.

Cours familier de Littérature - Volume 05 · 第 46 / 177 题