14 août.

Il m’évite, je n’en puis plus douter. Et les heures passent. Et il va

repartir... Et je vais retrouver l’isolement... Et si nous nous séparons

ainsi, ce sera bien fini notre belle amitié... Qu’a-t-il?...

M’en veut-il de l’avoir laissé à l’écart pendant les mauvaises journées

que je viens de vivre? Il ne sait pas, c’est vrai, que toute épreuve

réveille ma sauvagerie. Même enfant, je prétendais porter seule, en

silence, ma peine ou mon mal, dans une farouche crainte de la pitié.

Son attitude nouvelle ressuscite l’orgueil qui m’enveloppe sous un

impénétrable voile. Dans les rares instants où le hasard nous a

rapprochés, depuis hier, j’ai été, je le sentais, railleuse, agressive,

alors qu’en mon cœur je le suppliais de ne pas me faire mal, de

redevenir ce qu’il était...

J’apprendrais qu’il est parti, sous un prétexte, sans même me dire

adieu, je n’en serais pas surprise!...

La nuit tombe... · 第 48 / 86 题