Aujourd’hui encore, il a été invisible. Je l’ai rencontré comme je
revenais d’une course avec Marinette. Il nous a dit avoir passé la
journée à Pontresina en compagnie d’un ami anglais, arrivé depuis peu à
Saint-Moritz; et il s’est dérobé quand Marinette lui a demandé s’il
viendrait à l’hôtel, ce soir.
Moi, je n’ai rien dit. Je ne devais même pas avoir l’air d’écouter; je
regardais, indifférente, le défilé des passants... Et tout bas, en mon
cœur, je me demandais ce qu’il avait, les traits durcis par je ne sais
quelle préoccupation, par je ne sais quoi de résolu, de presque
inflexible. Avec moi, il était tellement autre, correct jusqu’à paraître
cérémonieux.
Je n’ai pas semblé m’en apercevoir. Mais après quelques phrases banales,
sur un bref adieu, je les ai quittés, Marinette et lui.