Ce matin, autre dépêche rassurante, à mon adresse. Je l’ai lue comme
s’il se fût agi de n’importe quel étranger. Tant mieux si son état lui
paraît satisfaisant; s’il est soigné à merveille et à son gré... Cette
histoire ne me touche plus en rien.
Devant la résolution qui, impérieusement, s’est imposée comme la
nécessité même, j’ai retrouvé un calme tel, que je m’étonne presque du
torrent d’émotion qui m’a ébranlée toute, parce que mon ex-mari a joué
sa vie pour garder une maîtresse très chère.
Je veux oublier ces dernières journées, retrouver l’ardente douceur des
autres, reprendre ma vie où elle s’est arrêtée quand, par hasard, j’ai
ouvert le journal qui m’a appris... Je veux... ah! comme je veux!...
sans me soucier de l’avenir, jouir des derniers jours où mon ami sera
près de moi. Et depuis hier, je ne l’ai pas vu. Est-ce discrétion?...
Est-ce mon air, l’autre soir, qui l’a écarté?... Est-ce... Quoi?... Je
ne sais...
Mais lundi, dans cinq jours, il doit partir. Et je voudrais tant
recevoir, de lui, encore un peu de joie...