12 août.

Ce matin, autre dépêche rassurante, à mon adresse. Je l’ai lue comme

s’il se fût agi de n’importe quel étranger. Tant mieux si son état lui

paraît satisfaisant; s’il est soigné à merveille et à son gré... Cette

histoire ne me touche plus en rien.

Devant la résolution qui, impérieusement, s’est imposée comme la

nécessité même, j’ai retrouvé un calme tel, que je m’étonne presque du

torrent d’émotion qui m’a ébranlée toute, parce que mon ex-mari a joué

sa vie pour garder une maîtresse très chère.

Je veux oublier ces dernières journées, retrouver l’ardente douceur des

autres, reprendre ma vie où elle s’est arrêtée quand, par hasard, j’ai

ouvert le journal qui m’a appris... Je veux... ah! comme je veux!...

sans me soucier de l’avenir, jouir des derniers jours où mon ami sera

près de moi. Et depuis hier, je ne l’ai pas vu. Est-ce discrétion?...

Est-ce mon air, l’autre soir, qui l’a écarté?... Est-ce... Quoi?... Je

ne sais...

Mais lundi, dans cinq jours, il doit partir. Et je voudrais tant

recevoir, de lui, encore un peu de joie...

La nuit tombe... · 第 46 / 86 题