C’est une lettre de mon époux qui, la première, est venue me joindre
ici. Une lettre galamment troussée, ayant des allures de spirituelle
chronique, où il me conte l’accueil très flatteur fait à _la Danaïde_, à
son auteur et à l’interprète-étoile, dont le succès triomphal l’anime
d’une joie orgueilleuse qui n’arrive point à se dissimuler.
Le tout, entremêlé de paroles d’intérêt quant à mes projets d’été; et
pour finir, la prière d’écrire de mes nouvelles à diverses adresses dont
la liste m’est donnée.
J’ai rangé cette liste; et, en personne bien élevée, j’enverrai à l’une
ou l’autre destination quelques lignes de réponse. Peut-être,
d’ailleurs, Robert ne pensera-t-il pas du tout à les y aller chercher;
et elles demeureront abandonnées en quelque poste restante. Il a tant
d’autres choses en tête que la lointaine épouse laissée en France!
Je me demande quelle mine il doit faire, devant les succès,--non pas
d’artiste, ceux-là, il en jouit!...--mais les succès de femme de
Marcelle Huganne, lesquels me paraissent très vifs, si j’en juge d’après
certains articles arrivés en même temps que la lettre, et, sans doute,
envoyés par lui...
Ah! la singulière mentalité que la sienne!