13 juillet.

Hier soir un mot de Meillane, que je trouve en rentrant de dîner chez

père.

_Mon amie, puisqu’il me faut vous dire adieu, je voudrais que ce ne

fût pas dans le salon plein de monde où tous veulent vous accaparer.

Encore une fois, pardonnez-moi d’être un exigeant individu et soyez

très bonne... accordez-moi un dernier instant pour moi tout seul. Qui

sait, vous l’avez dit, si jamais nous nous retrouverons ainsi!_

J’ai répondu, ce matin, par un _bleu_:

_A six heures, ce soir, votre amie sera rentrée, pour vous. Êtes-vous

content, terrible exigeant... Ne prenez pas ce dernier qualificatif

pour un reproche. Parce que je suis très franche, j’avoue qu’il me

semble bon que quelqu’un tienne un peu à moi... Et je vous le

confie... Vous l’avez bien mérité, mon ami..._

Quand je suis rentrée, retardée par de fastidieuses courses de la

dernière heure, il était là, m’attendant.

Sans ôter mon chapeau, je suis entrée dans le salon, tout assombri par

une grosse pluie qui épandait un peu de fraîcheur dans l’air surchauffé.

J’ai coulé un regard vers la pendule. Elle marquait six heures et demie.

--Vous devez me trouver une personne bien mal élevée d’être aussi peu

exacte à un rendez-vous...

--J’ai pensé seulement que les minutes qui fuyaient en votre absence

étaient autant de minutes perdues!

Il dit cela très simplement, un fait indiscutable, sa pensée même. Et

tout bas, je pense comme lui, depuis que je suis sous son regard. Cette

présence qui m’était bienfaisante, il me reste si peu de moments à en

sentir le réconfort! Pourquoi en ai-je stupidement raccourci le nombre,

occupée de choses indifférentes?

Il me demande:

--C’est toujours demain que vous partez?

--Oui, demain soir. C’est pourquoi je vous ai prié de me faire votre

dernière visite cet après-midi; demain, mon pauvre salon va être dévasté

comme tout le reste de l’appartement, et puisque vous l’avez aimé, je ne

veux pas que vous en emportiez une vilaine image. Il n’y a que ma

chambre qui garde jusqu’au bout une mine confortable. Uniquement, quand

je suis partie, les «profanateurs» y touchent... Mais il n’aurait pas

été correct de vous y recevoir! En dépit des apparences, j’ai encore un

tantinet, le respect des convenances.

Je plaisante... Pourtant je n’en ai aucune envie... Mon cœur est lourd

comme ce ciel d’orage où s’immobilisent de pesants nuages, gros

d’éclairs et d’éclats de foudre.

Il n’a pas relevé mes dernières paroles. Son regard, dont la flamme me

réchauffait, erre autour de lui.

--C’est vrai, j’ai beaucoup aimé cette pièce que vous avez faite si bien

vôtre! C’est là que, de loin, je vous retrouverai le mieux. Dites-moi...

si je ne suis pas trop indiscret... est-ce ici que vous écrivez, pour

vous-même?...

--Non, dans ma chambre. Tenez...

Je me lève et, sans réfléchir, je me rapproche de la portière relevée.

--... tenez, d’ici, vous apercevez le coin qui est mon «cabinet

d’écriture».

Il s’est rapproché. Je vois son regard tomber sur ma petite table

chargée de livres où, devant le buvard fermé, flambent les ciselures

d’or de l’encrier. Mais aussi, près de la table il aperçoit ma chaise

longue, l’écharpe que j’ai laissé tomber avant de sortir; les coussins

qui gardent l’empreinte creusée par mon coude...

Une seconde, ses yeux embrassent, je le sens, toute la pièce. Puis il

fait un pas en arrière. Moi aussi. Pourquoi ai-je ce mouvement

instinctif? A d’autres hommes pourtant, j’ai laissé visiter ma chambre

pour son aspect de pièce d’autrefois, pour les bibelots précieux que j’y

ai, peu à peu, réunis avec des joies de collectionneur.

Me devine-t-il une fois de plus? Très simplement, il me dit:

--Je vous remercie... beaucoup!... de m’avoir permis d’entrevoir votre

_home_... Les amis sont heureux de savoir où vivent leurs amis...

--Ainsi, quand vous serez au Canada, si vous vous souvenez encore de

moi, vous saurez où aller trouver votre amie «d’un jour», comme on dit

dans les romances.

Il m’arrête d’un geste impatient.

--Ne soyez pas moqueuse!... Ce n’est pas le jour... Ne me gâtez pas les

derniers instants que j’ai à passer près de vous!

--Je n’ai pas envie du tout d’être moqueuse... J’ai le cœur bien trop

sombre!... Tout ce qui finit est si mélancolique... Je trouve triste...

très triste de vous dire adieu, mon ami...

--Non, pas adieu, au revoir!

Il a jeté les mots avec une sorte d’emportement impérieux. Un geste

d’épaules m’échappe.

--A quoi bon se leurrer?... ne pas voir les choses comme elles sont?...

C’est bien un adieu que nous nous disons aujourd’hui... Même quand, à

l’automne, vous viendriez me faire quelques visites, ce ne serait plus

comme maintenant...

--Pourquoi?

--Parce qu’alors... c’est plus que probable... le courant qui nous a

rapprochés quelques mois sera interrompu...

--Pour vous... peut-être..., mais, pour moi, non!

Il s’arrête... Quelque chose dans son accent m’a donné la sensation

d’une vague qui, dressée haletante, se brise devant quelque mystérieuse

digue.

--Je vous ai prévenu, dès le début, qu’il ne fallait pas tenir à moi!

--Oui, vous m’avez prévenu. Seulement il n’est pas de parole qui puisse

m’empêcher de voir désormais en vous une amie... impossible à oublier!

Je durcis ma volonté pour dompter l’obscur frémissement de certaines

fibres de mon cœur. Moi non plus, je ne l’oublierai pas!

Ah! je l’avais bien prévue, ma folie de m’enliser dans la duperie d’une

amitié qui doit être sans lendemain...

Heureusement, je pars!... Je vais me ressaisir. Je réapprendrai à vivre

dans la glaciale solitude où mon cœur s’est engourdi, sous le froid qui

le rend insensible... grâce au ciel!...

Et j’entends ma voix articuler, presque dure:

--Vous ferez comme moi!... Vous vous détacherez d’une amitié qui ne

pouvait être que fugitive. Vous vous laisserez reprendre par une vie

dont je serai absente... Parce que c’est la sagesse!

--Sincèrement... vous entendez, _sincèrement_, vous pensez que les

choses vont se passer ainsi?

Il est debout devant moi. Je vois ses yeux étinceler d’une sorte de

colère. Plus que jamais, il a son grand air audacieux d’homme capable de

briser n’importe quel obstacle.

Et je répète:--avec quelle conviction!

--Je pense sincèrement qu’elles _doivent_ se passer ainsi...

--Votre ami n’était donc pour vous qu’un passant, bon tout au plus à

vous distraire un moment?... aussi facilement rejeté qu’un chiffon de

votre toilette devenu inutile! Ah! ce que je vous ai offert... et donné!

méritait plus que le cas que vous en faites!

Je tressaille... atteinte par le reproche dont il ignore l’injustice,

bouleversée par la violence passionnée de l’accent que jamais encore je

ne lui avais entendu. Et la vérité me jette aux lèvres les mots que je

ne voulais pas prononcer:

--Mais que savez-vous donc du prix que je donne à votre amitié?...

--Rien... C’est vrai... Je n’en sais rien...

--Alors...

Ma voix n’est plus dure mais assourdie par les sanglots qui se brisent

dans ma gorge:

--Alors... puisque nous nous séparons, je vais vous le dire... Ainsi,

j’espère, vous vous souviendrez de moi sans colère, et vous ne me

jugerez pas une coquette... ou pire encore, une ingrate! De toute mon

âme, à qui votre amitié, si souvent, a été bienfaisante, je vous

remercie des heures très douces que je vous ai dues--des heures de

musique, des heures de causerie... Je vous remercie surtout de m’avoir

épargné... ce dont tant d’autres hommes m’ont abreuvée... Vous me

comprenez, n’est-ce pas?... Je vous remercie d’avoir vraiment été

l’_ami_ que, jamais, je n’aurais espéré rencontrer...

Je lui ai tendu mes deux mains, qu’il prend... et garde dans les

siennes, si étroitement serrées que leur étreinte semble m’arriver au

cœur...

Ah! que cet homme-là m’eût bien aimée!

Peut-être, comme j’avais rêvé l’amour...

Mais il vient trop tard! Aussi, il est bon que je parte,--en attendant

que lui parte à son tour, et s’en aille loin, très loin...

Je suis bien sincère en songeant cela. Mais une telle détresse

m’envahit, avec la sensation ravivée de mon isolement, que j’ai peur

d’être lâche devant lui; et d’instinct, je prie:

--Maintenant, je vous ai dit ce que vous souhaitiez savoir...

Laissez-moi... Allez-vous-en pour que je me comporte devant vous en

personne correcte... non pas en bébé qui sanglote sans souci du public!

Je dis ces choses... Et dans l’instant même, je sens sur mes joues la

brûlure de deux grosses larmes.

Je dégage mes mains restées prisonnières, et les passe sur mon visage.

Il les ressaisit aussitôt; et ses lèvres sèchent... lentement! les

larmes qui les ont mouillées...

Ah! quel repos et quelle douceur ce serait de ne plus lutter pour

retenir le masque qui m’étouffe! d’avouer ma désespérance infinie, sûre

de celui qui m’écoute!...

Mais je murmure simplement, appelant à l’aide tout mon orgueil, si

puissant jusqu’alors à me défendre:

--Ne faites pas attention. Les départs me rendent toujours d’une

nervosité stupide... et sans importance!

Délicatement, il caresse mes mains, ainsi que l’on fait aux enfants...

Pourtant, il ne peut savoir que près de lui, en ce moment, c’est vrai,

je ne suis qu’une pauvre enfant envahie par l’aveugle désir de reposer

ma faiblesse contre sa force... D’écouter, la tête appuyée sur son

épaule, sans penser, sans répondre, bercée par leur fraternelle caresse,

les mots très doux qui engourdiraient ma peine.

Et l’âme lourde des larmes que je ne verse plus, les yeux voilés par les

paupières protectrices, je l’écoute me dire:

--Amie, petite amie très chère, je ne puis rien pour vous?

--Non... Rien... Personne ne peut rien. Ne parlons plus de moi, je vous

en prie... je vous en supplie!... Dites-moi adieu...

--Non, pas adieu, au revoir...

Ah! quelle volonté je lui sens de me retrouver!...

Et cette volonté, elle agit sur moi ainsi qu’un viatique! Sans

réfléchir, je cherche les prunelles où je pourrais découvrir tant de

choses qu’il ne prononce pas... Tout haut il continue seulement:

--Si vous ne me le défendez pas... et encore, pour être loyal, je dois

avouer que je ne serais pas sûr de vous obéir, j’irai retrouver quelques

jours votre beau-frère Paul à Saint-Moritz. Il m’y a engagé... Ou

plutôt...

Un sourire lui donne soudain un air d’extrême jeunesse.

--Je me suis arrangé pour qu’il m’y engage!

Un frémissement m’ébranle toute, si violent que j’ai peur et m’écrie:

--Ce n’est pas sage! Ce n’est pas sage!... Plus je m’habituerai à être

«gâtée» par votre amitié, plus ensuite je sentirai de tristesse quand

j’en serai privée...

--Mais jamais vous n’en serez privée... que par votre volonté... qui,

d’ailleurs, serait impuissante à me détacher! Je crois bien que, malgré

vous, je resterai votre ami...

Quelle conviction dans sa voix! Il parle d’amitié... Ah! est-ce encore

de l’amitié!... Et pour combien de temps!...

Mais ce soir, je suis trop lasse pour réfléchir. Je n’éprouve plus que

l’envie lâche de trouver près de lui un refuge... Et je ne résiste plus

quand il me dit avec son chaud sourire:

--Alors c’est convenu, n’est-ce pas, j’irai vous faire une petite visite

à Saint-Moritz?... Ne dites pas non, je vous en supplie. Tout ce que je

peux vous promettre, c’est d’attendre la date que vous m’indiquerez pour

arriver... Mais en tout honneur, je vous préviens que je ne me sens pas

beaucoup de patience pour attendre...

Si je suis sage, je n’écrirai pas...

Coire, 15 juillet.

Tout d’une traite, j’ai filé jusqu’à Coire, où je vais coucher, afin de

faire, en plein jour, la sauvage montée de l’Albula.

Le crépuscule est tout rose. De ma chambre qui donne sur la grande

place, je vois des cimes d’arbres ondulant sous un ciel nacré, où déjà

brille une étoile; j’aperçois des perspectives de petites vieilles rues,

aux maisons basses, des passants qui circulent sans hâte, le visage

calme. De rares voitures avancent, paisibles parmi les groupes que

rassemble la belle fin de jour, lumineuse et chaude. Une brume, diaprée

par le couchant, voile un peu les lointains du cirque de montagnes, à

l’ombre desquelles s’épanouit la ville souriante. Tantôt, je me suis

amusée à suivre au hasard le dédale des rues inconnues qui serpentent,

étroites et proprettes, escaladent les belles pentes boisées, ou

descendent vers la Plessur écumeuse avec une allure de petit torrent sur

un lit de pierres luisantes.

J’adore m’en aller ainsi, au gré de mon caprice, dans une ville

étrangère que je découvre avec des ravissements et des désillusions

d’«explorateur»... Je m’y sens bien moins seule que dans mon Paris où,

parmi tant d’êtres que je connais, je ne suis qu’une épave errante dont

nul n’a souci.

En voyage, oh! délice, j’oublie... Je ne suis plus qu’une insatiable

curieuse, jamais lasse, que rien n’effraie; un cerveau qui jouit; des

yeux avides de contempler... La solitude ne m’est plus un fruit amer,

elle me devient un trésor, car elle me permet de vagabonder à ma guise,

de m’arrêter, de partir, de rêvasser ainsi qu’il me plaît...

Et cette impression de pleine indépendance jette en moi une griserie

dont je goûte la saveur d’autant plus que j’ai le souvenir d’odieux

voyages, en compagnie de mon casanier mari qui ne concevait que Paris;

voyages où chaque occasion amenait le heurt de nos goûts, des natures

trop différentes que l’amour ne fondait plus...

Ah! que c’est exquis de voyager à sa guise!

Aussi, déjà le charme opère... Et je m’y abandonne toute, corps, âme,

pensée; consciente qu’il est excellent pour moi d’être loin de Paris,

distraite de tout ce qui n’est pas l’imprévu du voyage.

Ainsi, je vais retrouver un bienfaisant _je m’en fichisme_, le seul état

d’âme qui puisse désormais me convenir.

Tout à l’heure, avant de rentrer à l’hôtel, je me suis arrêtée un

instant à mi-côte du sentier de chèvre que je redescendais. Et j’ai

regardé la féerie du couchant se voiler derrière les crêtes, nimbées de

flamme. Sous l’éblouissante lueur la ville était toute rose, alors que

déjà les bois bleuissaient, saisis par le crépuscule. A peine, une

rumeur lointaine montait des rues claires, allongées devant la montagne:

aboi d’un chien, bruit vague de quelque voix; roulement sourd des roues

sur le pavé. Nul passant.

Mais près de moi, hélas! arrêtés sur un banc voisin, des touristes; une

famille allemande qui m’observait, plutôt curieuse, surtout la

fillette,--quatorze à quinze ans,--dont la lourde silhouette se

couronnait d’un délicieux visage de petite vierge grave.

J’entendais les rudes sonorités de leur langue.

Je regardais, à mes pieds, ces demeures où vivaient des êtres qui tous

m’étaient inconnus; ces rues à travers lesquelles j’étais la passante

étrangère qui traverse et ne revient pas.

Ah! que Paris me semblait loin!... Et bien lointaine aussi, cette Viva

que troublait si profondément, il y a deux jours, l’adieu d’un ami; la

Viva qui, toute la nuit, dans son wagon, avait aimé la senteur des

œillets se fanant à son corsage, reçus à la dernière heure de cet ami...

Et curieusement, les yeux un peu sévères et un peu moqueurs, je la

contemplais, cette Viva qui avait été _moi_ quelques heures et que je ne

comprenais plus bien, gagnée par l’indifférente sérénité des choses.

Saint-Moritz, 18 juillet.

Et maintenant Saint-Moritz. Presque me voici installée dans mon _home_

de passage. Car, tout de suite, je me suis évertuée à lui donner un air

de «chez moi». Quelques gravures, des photos qui me suivent partout, mes

bibelots d’écriture et de toilette, des fleurs, mes livres, des voiles

de broderie dispersés sur les meubles. Et ma chambre, le petit salon qui

lui est adjoint, ne ressemblent vraiment plus trop à des pièces d’hôtel.

L’un et l’autre ouvrent sur un balcon-terrasse, d’où mes yeux suivent

sans se lasser l’étincelant ruban de l’Inn, à travers les prairies,

veloutées par l’herbe haute. Tout près, devant ma fenêtre, l’émeraude

liquide du lac, sertie par la forêt des sapins qui, accrochés à la

montagne, se dressent vers les sommets ensevelis sous la neige.

D’un précédent voyage, j’avais conservé le souvenir de cet hôtel, placé

hors de la cohue dont le flot roule incessamment à travers la voie

grimpante qui, du lac, escalade Saint-Moritz _Dorf_. Il m’apparaissait

comme une oasis, alors que pour suivre mon époux je devais gîter dans

quelque somptueux caravansérail, bondé par la foule cosmopolite.

Ici, c’est un calme de terre promise dont je subis l’apaisement, de

toute ma volonté. Les heures...--les heures du jour surtout...--fuient

je ne sais comment, sans que je songe à en décider l’emploi, à en

compter le nombre.

Résolument je me plonge dans une vie toute végétative. Je me grise de

soleil. Je bois l’air vif qui a la saveur d’une eau glacée... Je me

lasse en des courses vagabondes ou en des flâneries capricieuses dans le

vieux Saint-Moritz qui m’amuse, avec son air de grand village envahi par

la civilisation des villes.

Et ainsi faisant, je ne réfléchis pas; je ne regarde pas vers l’avenir;

je ne me souviens pas... A peine, je pense. Je n’ai plus que des yeux et

des muscles.

Quand Marinette arrivera dans une quinzaine, je rentrerai, bon gré mal

gré, en mon personnage habituel.

J’espère qu’alors, la cure physique et morale que je m’impose aura

triomphé de ma nervosité et de l’étrange lassitude qui peut-être en

était tout simplement la cause. Ici, du moins, nulle conversation ne me

vient fatiguer ou ennuyer. Je ne parle à personne, quoique, en cours de

pérégrinations, mes curiosités de voyageuse me rendent très sociable.

Pas davantage, je ne pratique la correspondance. A peine, seulement,

j’ai griffonné à père quelques lignes de bonne arrivée. Et je redoute le

courrier, car j’ai peur de tout ce qui pourrait troubler la fragile

quiétude où je veux m’engourdir, ainsi que dans un sommeil.

La nuit tombe... · 第 29 / 86 题