Peu m'importaient en ce moment les invectives de Clémentine; l'injure
que souffrait mademoiselle Werner était ma seule préoccupation. Reich
aurait été la première victime de ma vengeance, s'il ne se fût
adroitement réfugié dans l'armoire que je venais de quitter; elle lui
rendit le service que j'en avais espéré vainement, une main
compatissante ayant fermé la porte et enlevé la clef tandis que je
cherchais mon ennemi parmi les assistants.
Alors ce fut à Braun que je m'adressai; heureusement nous n'avions
d'armes ni l'un ni l'autre, car le débat aurait coûté du sang.
Cependant les convives s'étaient assemblés autour de nous, et les
représentations du maître de la maison, qui nous priait de vider notre
querelle ailleurs, furent assez puissantes pour rétablir la
tranquillité.
Henriette était partie; sur-le-champ avec sa tante; j'avais étalement
ordonné d'atteler mes chevaux. Dans l'indignation qui me maîtrisait, je
laissai entendre à Clémentine que je regardais notre mariage comme
rompu; une femme qui avait si peu de confiance dans ma loyauté ne
pouvait que me rendre malheureux.
Sans attendre sa réponse, je dis en passant à Braun qu'il me trouverait
le lendemain matin dans un petit bois près de B***, et, je me hâtai de
m'éloigner.