«Londres, ce vendredi 2 août 1822.
«Toutes mes lettres du 23 ont retardé d'un jour, et vous n'avez
reçu que le samedi 27 juillet la lettre que vous auriez dû recevoir
le vendredi 26; mais tout cela est déjà une vieillerie. Votre
lettre du 20 ne m'a point surpris, et vous aurez vu par mes deux
lettres subséquentes à celles du 23, que j'avais prévu toutes les
objections de Mathieu. Il ne me reste qu'une chance, c'est que
Villèle et vos amis l'emportent, et ils paraissent très-décidés.
Dans tous les cas, je ne prendrai, moi, de parti sur mon avenir que
quand je connaîtrai la dernière résolution relative à ce congrès.
Je ne suis nullement choqué que Mathieu prétende y aller. C'est son
droit; je pense seulement qu'il ferait une faute et une telle faute
qu'elle pourra le renverser: le renverser dans l'opinion nationale
de la France, le renverser par les intrigues qui vont s'ourdir
pendant son absence. Mais quand Mathieu parle de M. de Caraman, je
suis choqué, blessé. Il me paraît inconcevable qu'on craigne plus
de blesser un ennemi médiocre qu'un ami capable; c'est là une
véritable infatuation.
«Attendons. Mais souvenez-vous que je veux vous voir bientôt.»