M. MATHIEU DE MONTMORENCY À Mme RÉCAMIER.

«Lundi, 20 novembre 1820, 1 heure.

«Je suis sorti de chez vous hier soir, aimable amie, bien touché

d'abord de votre charmante amitié à laquelle la mienne répond bien

parfaitement; et puis frappé, comme cela m'arrive souvent, de cette

justesse d'esprit et noblesse de caractère qui font que vous

saisissez tout de suite le véritable intérêt de vos amis à travers

toutes les nuances d'opinions, et même à travers toutes les petites

passions. Plus je réfléchis _aux idées_ qui doivent rester _entre

nous_, plus j'ai la conviction qu'elles peuvent seules nous tirer,

et _lui_[36] surtout, d'une position embarrassante. J'ai du reste,

revu ce matin _Jules_[37] qui m'a donné la certitude que celui que

nous appelons _notre général_[38] approuve tout à fait cette idée,

et verrait avec peine qu'elle fût rejetée. Il a aussi des raisons

très-fortes de ne pas douter du succès.

«Mille tendres hommages. Je serai chez vous avant cinq heures.»

Ici commencent les confidences presque journalières de M. de

Chateaubriand.

LE VICOMTE DE CHATEAUBRIAND À Mme RÉCAMIER.

«Novembre 1820, mercredi matin.

«Voilà la _Quotidienne_ qui parle de mon départ pour Berlin. Les

insinuations répétées vont bientôt amener une crise: tant mieux, il

faut que cela finisse.»

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (1/2) · 第 61 / 142 题