Au quartier-général à Milan, le 8 thermidor an 5 (22 juillet 1797).
_Aux inspecteurs du conservatoire de musique, à Paris._
J'ai reçu, citoyens, votre lettre du 16 messidor, avec le mémoire qui y
était joint. On s'occupe, dans ce moment-ci, dans les différentes villes
d'Italie, à faire copier et mettre en état toute la musique que vous
demandez.
Croyez, je vous prie, que je mettrai le plus grand soin à ce que vos
intentions soient remplies et à enrichir le conservatoire de ce qui
pourrait lui manquer.
De tous les beaux arts, la musique est celui qui a le plus d'influence
sur les passions, celui que le législateur doit le plus encourager.
Un morceau de musique morale, et fait de main de maître, touche
immanquablement le sentiment, et a beaucoup plus d'influence qu'un
bon ouvrage de morale, qui convainc la raison sans influer sur nos
habitudes.