BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 5 thermidor an 5 (23 juillet 1797).

_Au chef de l'état-major._

Vous voudrez bien, citoyen général, prévenir les généraux Masséna,

Joubert et Augereau, que mon intention est qu'il soit levé un bataillon

de cinq cents hommes dans chacun des arrondissemens de Padoue, Vicence

et Verone; chaque bataillon sera commandé par un chef de bataillon et

un adjudant-major français, un major du pays; la moitié des officiers,

français, ainsi que le tiers des sous-officiers.

Ils seront habillés en vert, en pantalon et veste seulement; ils auront

le collet, les paremens blancs; les officiers auront les épaulettes

d'argent.

Ces corps seront habillés, équipés, formés, soldés par les différens

gouvernemens centraux: ils porteront le nom de bataillon italien de

Padoue, de Vicence, de Verone.

Ils seront divisés en cinq compagnies, dont une de grenadiers. Si les

habitans ont des fusils, ils seront armés avec ces fusils, sans que je

donne ordre au général Miollis que sur votre récépissé il soit délivré

un nombre suffisant de fusils autrichiens, que les gouvernemens centraux

feront alléger, comme l'ont fait les Lombards.

L'intention du général en chef est d'attacher ces bataillons à ses

différentes divisions, pour servir aux différentes escortes, pouvoir

les opposer aux paysans et avoir avec nous, en cas que nous allions en

Allemagne, des otages qui nous assurent d'autant de la fidélité des pays

vénitiens.

Vous recommanderez expressément à ces différens généraux de ne se mêler

que secrètement de l'organisation et de la levée de ces bataillons,

mais de laisser faire toutes les démarches publiques et ostensibles aux

gouvernemens centraux.

Lesdits généraux de division autoriseront les gouvernemens centraux à

faire quelques aliénations de biens nationaux, afin de pouvoir subvenir

à l'organisation et à l'entretien desdits bataillons.

D'ici à huit jours, et lorsque ces trois bataillons seront en

organisation, vous donnerez les mêmes ordres aux généraux Serrurier et

Bernadotte; mais, comme les pays qu'ils occupent sont moins populeux et

moins portés, à ce qu'il paraît, pour la liberté, il faut s'assurer que

ces trois premiers bataillons prendront bien.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 847 / 899 题