Au quartier-général à Milan, le 8 thermidor an 5 (26 juillet 1797).
_Au général Joubert._
Dans la position des négociations avec les Autrichiens, ce serait un
très-mauvais effet de faire juger par un conseil militaire des gens
accusés d'avoir eu quelques intelligences avec eux. Je préfère que vous
fassiez passer à Mantoue les trois hommes que vous avez arrêtés, où le
général Miollis les tiendra en arrestation jusqu'à nouvel ordre.
Quant aux sept communes, je ne suis point du tout content de ce que
le général Belliard, après y avoir été, s'en est retourné aussi
promptement: la raison des subsistances n'en peut pas être une: nous
avons bien vécu sur le sommet des Alpes! On pouvait donc laisser dans
ces villages, pendant quelques jours, des troupes pour les contenir et
les plier.
Prenez toutes les mesures nécessaires pour faire désarmer toutes les
sept communes; faites brûler les maisons des quatre principaux chefs,
entre autres celle de ce prêtre dont vous me parlez; prenez vingt-cinq
otages parmi ceux qui ont le plus de crédit, et faites-les conduire à
Mantoue; mettez dans le gouvernement les patriotes qu'ils ont chassés.
Après que tout cela sera fait, exigez de l'évêque de Vicence qu'il
envoie des missionnaires dans ce pays-là pour leur prêcher tranquillité,
obéissance, sous peine de l'enfer. À cet effet, faites venir chez vous
les missionnaires, en donnant à chacun quinze louis pour leurs frais de
route, en disant qu'au retour vous leur en donnerez autant.
Faites en sorte qu'il ne reste des armes dans aucune ville du Vicentin,
pas même à Vicence. Vous savez que, dans l'ordre général du désarmement,
il avait été dit que vous enverriez toutes les armes à Porto-Legnago.