BONAPARTE.

Au quartier-général à Montebello, le 7 prairial an 5 (26 mai 1797).

_Au général Baraguay d'Hilliers._

Mon intention, citoyen général, est, conformément à ce que vous aura

mandé l'état-major, que les deux bataillons de la soixante-dix-neuvième,

cinquante canonniers, quatre pièces d'artillerie de campagne que vous

prendrez dans l'arsenal de Venise, et un officier du génie, se rendent

à Corfou le plus tôt possible, sous les ordres du général Gentili.

Vous vous concerterez avec le citoyen Lallemant pour faire sentir à la

municipalité, que ce n'est qu'en conséquence de sa demande que je me

suis déterminé à leur offrir les secours qui leur seraient nécessaires

pour que les îles du Levant ne se détachent pas de la mère-patrie.

Vous ferez sentir au gouvernement qu'il est indispensable qu'il fasse

partir sur-le-champ les bâtimens armés qui peuvent être disponibles,

avec des commissaires énergiques, et au moins sept ou huit cents hommes

de leurs troupes vénitiennes italiennes.

Le général Gentili commandera le tout et agira de concert avec leurs

commissaires.

Le citoyen Bourdet, qui doit être actuellement à Venise avec toute son

escadre, commandera également la marine des deux républiques réunies; il

amènera avec lui toutes les frégates qu'il a sous ses ordres, s'il le

juge nécessaire; je serais cependant fort aise qu'il laissât une des

nôtres à Venise.

J'espère que, moyennant la promptitude que vous mettrez dans cette

affaire, toute l'expédition sera partie trois jours au plus tard après

la réception du présent ordre.

Si, par un cas imprévu, la flottille n'était pas encore arrivée à

Venise, vous enverriez un courrier extraordinaire à Trieste et à Ancône,

pour qu'elle s'y rendît sur-le-champ, et en attendant vous prépareriez

toujours le tout.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 766 / 899 题