Au quartier-général à Montebello, le 7 prairial an 5. (26 mai 1797).
_À la municipalité de Venise._
Conformément à vos désirs, citoyen, j'ai ordonné aux municipalités
de Padoue et de Trévise de laisser passer les vivres nécessaires à
l'approvisionnement de la ville de Venise.
J'ai également ordonné l'expédition de différentes troupes, de Venise et
d'Ancône, pour vos îles du Levant, afin de seconder les commissaires que
vous y avez envoyés, et empêcher que les ennemis de leur patrie et de la
liberté ne profitent des circonstances pour s'emparer des îles et les
soumettre à l'esclavage de quelque puissance étrangère.
Je vous engage également à réunir tous vos efforts et à envoyer dans
lesdites îles, indépendamment des troupes que vous y avez déjà, sept ou
huit cents hommes avec quelques bâtimens armés.
Si vous avez besoin d'officiers français pour l'organisation de vos
troupes, j'autorise le général Baraguay d'Hilliers à vous accorder tous
ceux qui voudront prendre du service dans vos troupes.
Le traité qui a été conclu à Milan avec les députés du grand-conseil,
peut être, en attendant, ratifié par la municipalité, et les articles
secrets par un comité de trois membres. Dans toutes les circonstances,
je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous donner des preuves
du désir que j'ai de voir se consolider votre liberté, et de voir la
misérable Italie se placer enfin avec gloire, libre et indépendante des
étrangers, sur la scène du monde, et reprendre parmi les grandes nations
le rang auquel l'appellent la nature, sa position et le destin.