Au quartier-général à Milan, le 20 floréal an 5 (9 mai 1797).
_Au général chef de l'état-major._
Vous voudrez bien, citoyen général, conformément au traité d'alliance
qui existe entre la république française et sa majesté le roi de
Sardaigne, ordonner que tous les déserteurs des troupes sardes soient
sur-le-champ rendus, et défendre aux différens chefs de corps, soit
français, soit milanais, de recevoir aucun déserteur sarde.
Vous voudrez bien donner l'ordre aux commandans de la Lombardie pour
qu'ils prennent les mesures afin qu'il existe une sévère discipline sur
les frontières du Piémont, et s'opposent à tout ce qui pourrait troubler
la tranquillité des états du roi de Sardaigne.
Vous voudrez bien également ordonner au commandant de Tortone de faire
tout ce qui dépendra de lui pour maintenir la tranquillité dans les
états du roi de Sardaigne, s'opposer à la contrebande du blé et des
bestiaux, et enfin avoir pour sa majesté le roi de Sardaigne les
sentimens que notre position actuelle doit lui assurer.
Vous le préviendrez également que l'évêque de Tortone va prendre
possession de son évêché, et qu'il ait pour lui tous les égards qui sont
dus à son caractère.
Vous voudrez bien ordonner au général Casabianca de faire ôter l'arbre
de la liberté de la ville de Ceva, et de faire tout son possible pour
maintenir le bon ordre dans les états de sa majesté le roi de Sardaigne.
Vous donnerez les ordres pour que les nommés Viniatteri, Rozetti et
Strovengo, chefs de la conspiration qui a eu lieu pour assassiner le roi
de Sardaigne, soient arrêtés.