Milan, le 20 floréal an 5 (9 mai 1797).
Le général en chef voit avec indignation les vols que commettent
plusieurs agens français, qui, sous différens prétextes, s'introduisent
dans les monts-de-piété des villes vénitiennes, y mettent les scellés
pour y voler tout ce qui est à leur convenance.
En conséquence, il ordonne:
1°. Aux généraux de division de faire lever tous les scellés des
monts-de-piété et de les restituer à leurs administrateurs, et, en
attendant, qu'il ne soit porté aucun changement auxdites administrations
(hormis celui de la ville de Verone).
2°. De faire vérifier par les administrateurs et les membres des
municipalités ce qui manque aux monts-de-piété et autres établissemens
publics, depuis l'apposition des scellés, et de faire arrêter
sur-le-champ les agens ou commissaires qui auraient mis les scellés ou
qui seraient coupables de dilapidations, et de les faire traduire devant
le conseil militaire de sa division.
3°. Les municipalités de la terre-ferme vénitienne enverront
sur-le-champ au général en chef une note de tout ce qui aurait été pris
et qui serait à leur connaissance.
4°. La propriété des villes et des habitans de la terre-ferme vénitienne
est sous la responsabilité des généraux de division qui y commandent:
ils prendront toutes les mesures possibles pour faire arrêter les
coupables, réprimer les abus, et garantir ce pays des ravages de cette
nuée de voleurs qui semble s'y être donné rendez-vous.