BONAPARTE.

Au quartier-général à Trieste, le 11 floréal an 5 (30 avril 1797).

_Au directoire exécutif._

Je suis parti, il y a deux jours, de Gratz, après avoir conféré avec M.

de Gallo, qui, étant de retour de Vienne, m'a montré les préliminaires

de paix que nous avons faits, ratifiés par l'empereur dans la forme

ordinaire.

Il m'a dit: 1°. que l'empereur éloignerait les émigrés et le corps de

Condé, qui ne seraient plus à sa solde.

2°. Que l'empereur désirait traiter sa paix particulière, le plus tôt

possible, et en Italie. Nous avons choisi Brescia pour le lieu des

conférences.

3°. Que la paix de l'empire pouvait se traiter à Constance ou dans

quelque autre ville de ce genre.

4°. Qu'à la seule paix de l'empire on appellerait les alliés, qui ne

seront point appelés à la paix particulière.

5°. Que l'empereur avait déjà donné des pouvoirs pour traiter de la paix

définitive, et M. Gallo m'a sur ce interpellé pour savoir si le général

Clarke avait des pouvoirs. J'ai dit qu'il fallait, avant tout, attendre

vos ordres.

6°. Enfin que la cour de Vienne est de bonne foi et désire serrer de

toutes les manières son système politique avec celui de la France, et

que le directoire exécutif trouverait avec l'empereur un cabinet de

bonne foi et qui marche droit. Le ministre d'Angleterre à Vienne s'est

fortement fâché avec M. Thugut, il paraît que les Anglais le prennent

fort haut, et taxent l'empereur de mauvaise foi.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 727 / 899 题