BONAPARTE.

Au quartier-général à Palma-Nova, le 11 floréal an 5 (30 avril 1797).

_Au citoyen Lallemant, ministre de la république française à Venise._

Le sang français a coulé dans Venise, et vous y êtes encore!

attendez-vous donc qu'on vous en chasse? Les Français ne peuvent plus

se promener dans les rues, ils sont accablés d'injures et de mauvais

traitemens; et vous restez simple spectateur! Depuis que l'armée est

en Allemagne, on a, en terre-ferme, assassiné plus de quatre cents

Français; on a assiégé la forteresse de Verone, qui n'a été dégagée

qu'après un combat sanglant, et, malgré tout cela, vous restez à Venise!

Quant à moi, j'ai refusé d'entendre les députés du sénat, parce qu'ils

sont tout dégoûtans du sang de Laugier, et je ne les verrai jamais qu'au

préalable ils n'aient fait arrêter l'amiral et les inquisiteurs qui ont

ordonné ce massacre, et ne les aient remis entre mes mains. Je sais bien

qu'ils chercheront à faire tomber la vengeance de la république sur

quelques misérables exécuteurs de leurs atrocités; mais nous ne

prendrons pas le change.

Faites une note concise et digne de la grandeur de la nation que vous

représentez, et des outrages qu'elle a reçus: après quoi, partez de

Venise, et venez me joindre à Mantoue.

Ils n'ont rien exécuté de ce que je leur ai demandé: ce sont tous les

prisonniers qu'ils ont faits depuis que l'armée française est en Italie,

qu'ils devaient relâcher, et non pas un seulement, ainsi qu'ils l'ont

fait.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 728 / 899 题