Au quartier-général à Clagenfurth, le 12 germinal an 5 (1er avril 1797).
_Au directoire exécutif._
_Combat du Lavis._
Les divisions des généraux Joubert, Baraguey d'Hilliers et Delmas se
sont mises en mouvement le 30 ventose; elles ont enveloppé les corps
ennemis qui se trouvaient sur le Lavis. Après un combat extrêmement
opiniâtre, nous avons fait quatre mille prisonniers, pris trois pièces
de canon, deux drapeaux, et tué près de deux mille hommes, dont une
grande partie de chasseurs tyroliens.
_Combat de Tramin._
Cependant l'ennemi s'était retiré sur la rive droite de l'Adige, et
paraissait vouloir tenir encore. Le 2 germinal, le général Joubert,
commandant les trois divisions, se porta à Salurn; le général Vial
s'empara du pont de Neumark, et passa la rivière pour empêcher l'ennemi
de se retirer sur Botzen. La fusillade s'engagea avec la plus grande
force. Le combat paraissait incertain, lorsque le général de division
Dumas, commandant la cavalerie, se précipita dans le village de Tramin,
fit six cents prisonniers, et prit deux pièces de canon: par ce moyen,
les débris de la colonne ennemie, commandée par le général Laudon, n'ont
pas pu arriver à Botzen, et errent dans les montagnes.
_Combat de Clausen._
Nous sommes entrés dans la ville de Botzen: le général Joubert ne s'y
arrêta pas; il y laissa une force suffisante pour suivre le général
Laudon, et marcha droit à Clausen. L'ennemi, profitant de la défense
qu'offrait le pays, avait fait les meilleures dispositions. L'attaque
fut vive et bien concertée, et le succès long-temps incertain.
L'infanterie légère grimpa des rochers inaccessibles; les onzième et
trente-troisième demi-brigades d'infanterie de bataille, en colonne
serrée, et commandées par le général Joubert, en personne, surmontèrent
tous les obstacles; l'ennemi, percé par le centre, a été obligé de
céder, et la déroute est devenue générale. Nous avons fait à l'ennemi
quinze cents prisonniers.
Le général Joubert arriva à Brixen, toujours poursuivant l'ennemi; le
général Dumas, à la tête de la cavalerie, a tué, de sa propre main
plusieurs cavaliers ennemis; il à été blessé légèrement de deux coups
de sabre; son aide-de-camp Dermoncourt a été blessé dangereusement;
ce général a, pendant plusieurs minutes, arrêté seul, sur un pont, un
escadron de cavalerie ennemie qui voulait passer, et a donné le temps
aux siens de le rejoindre.
Nous avons trouvé à Brixen, Botzen et dans divers autres endroits, des
magasins de toutes espèces, entr'autres trente mille quintaux de farine.
Partout l'ennemi, tant dans le Tyrol que dans la Carinthie et la
Carniole, nous a laissé des hôpitaux; je laisse au chef de l'état-major
et au commissaire ordonnateur eu chef le soin d'envoyer au ministre de
la guerre les états des effets qu'on y a trouvés.