Au quartier-général à Tolentino, le 1er ventôse an 5 (19 février 1797).
_À Sa Sainteté le Pape Pie VI._
Je dois remercier Votre Sainteté des choses obligeantes contenues dans
la lettre qu'elle s'est donné la peine de m'écrire.
La paix entre la république française et Votre Sainteté vient d'être
signée, je me félicite d'avoir pu contribuer à son repos particulier.
J'engage Votre Sainteté à se méfier des personnes qui sont à
Rome, vendues aux cours ennemies de la France, ou qui se laissent
exclusivement guider par les passions haineuses, qui entraînent toujours
la perte des états.
Toute l'Europe connaît les inclinations pacifiques et les vertus
conciliatrices de Votre Sainteté. La république française sera,
j'espère, une des amies les plus vraies de Rome.
J'envoie mon aide-de-camp, chef de brigade, pour exprimer à Votre
Sainteté l'estime et la vénération parfaites que j'ai pour sa personne,
et je la prie de croire au désir que j'ai de lui donner, dans toutes les
occasions, les preuves de respect et de vénération avec lesquels j'ai
l'honneur d'être, etc.