BONAPARTE.

Au quartier-général à Forti, le 15 pluviose an 5 (3 février 1797).

_Au directoire exécutif._

Je vous fais passer, citoyens directeurs, le mémoire que m'envoie le

citoyen Faypoult; vous frémirez d'indignation, lorsque vous y verrez

avec quelle impudence on vole la république. Je donne les ordres pour

que l'on arrête le citoyen Legros, contrôleur de la trésorerie, et le

commissaire des guerres Lequeue; j'engage le citoyen Faypoult à faire

arrêter à Gênes les citoyens Paillaud et Peregaldo. Vous ne souffrirez

pas, sans doute, que les voleurs de l'armée d'Italie trouvent leur

refuge à Paris. Pendant que je me battais et que j'étais éloigné de

Milan, le citoyen Flachat s'en est allé, emportant cinq à six millions

à l'armée, et nous a laissés dans le plus grand embarras. Si l'on ne

trouve pas de moyens d'atteindre la friponnerie manifestement reconnue

de ces gens-là, il faut renoncer au règne de l'ordre, à l'amélioration

de nos finances et à maintenir une armée aussi considérable en Italie.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 680 / 899 题