BONAPARTE.

Au quartier-général à Bologne, le 18 pluviose an 5 (6 février 1797).

_Proclamation._

L'armée française va entrer sur le territoire du pape; elle protégera la

religion et le peuple.

Le soldat français porte d'une main la baïonnette, sûr garant de la

victoire, et offre, de l'autre, aux différentes villes et villages paix,

protection et sûreté... Malheur à ceux qui la dédaigneraient, et qui,

de gaîté de coeur, séduits par des hommes profondément hypocrites et

scélérats, attireraient dans leurs maisons la guerre et ses horreurs,

et la vengeance d'une armée qui a, dans six mois, fait cent mille

prisonniers des meilleures troupes de l'empereur, pris quatre cents

pièces de canon, cent dix drapeaux, et détruit cinq armées.

ART. 1er. Tout village ou ville, où, à l'approche de l'armée française,

on sonnera le tocsin, sera sur-le-champ brûlé, et les municipaux seront

fusillés.

II. La commune sur le territoire de laquelle sera assassiné un Français

sera sur-le-champ déclarée en état de guerre; une colonne mobile y sera

envoyée; il y sera pris des otages, et il y sera levé une contribution

extraordinaire.

III. Tous les prêtres, religieux et ministres de la religion, sous

quelques noms que ce soit, seront protégés et maintenus dans leur état

actuel, s'ils se conduisent selon les principes de l'Évangile, et, s'ils

sont les premiers à le transgresser, ils seront traités militairement,

et plus sévèrement que les autres citoyens.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 681 / 899 题