BONAPARTE.

Au quartier-général à Bologne, le 13 pluviose an 5 (1er février 1797).

_Au directoire exécutif._

Citoyens directeurs,

Je vous ai rendu compte, par mon dernier courrier, des combats d'Avio et

de Carpenedolo. Les ennemis se retirent sur Morri et Torbole, appuyant

leur droite au lac, et la gauche à l'Adige; le général Murat s'embarqua

avec deux cents hommes, et vint débarquer à Torbole.

Le général de brigade Vial, à la tête de l'infanterie légère, après

avoir fait une marche très-longue dans les neiges et dans les montagnes

les plus escarpées, tourna la position des ennemis, et obligea un

corps de quatre cent cinquante hommes et douze officiers à se rendre

prisonniers. On ne saurait donner trop d'éloges aux quatrième et

dix-septième demi-brigades d'infanterie légère que conduisait ce brave

général: rien ne les arrêtait; la nature semblait être d'accord avec nos

ennemis; le temps était horrible, mais l'infanterie légère de l'armée

d'Italie n'a pas encore rencontré d'obstacle qu'elle n'ait vaincu.

Le général Joubert entra à Roveredo; l'ennemi, qui avait retranché avec

le plus grand soin la gorge de Calliane, célèbre par la victoire que

nous y avons remportée lors de notre première entrée dans le Tyrol,

parut vouloir lui disputer l'entrée de Trente.

Le général Belliard chercha à tourner l'ennemi par la droite, dans le

temps que le général de brigade Vial, continuant à marcher sur la rive

droite de l'Adige, le culbuta, lui fit trois cents prisonniers, et

arriva à Trente, où il trouva dans les hôpitaux de l'ennemi deux mille

malades ou blessés, qu'il a recommandés à notre humanité en fuyant: nous

y avons pris quelques magasins.

Dans le même temps, le général Masséna avait fait marcher deux

demi-brigades pour attaquer l'ennemi qui occupait le château de Scala,

entre Feltro et Primolazo. L'ennemi a fui à son approche, et s'est

retiré au-delà de la Prado, en laissant une partie de ses bagages.

Le général Augereau s'est approché de Treviso; le chef d'escadron

Duvivier a culbuté la cavalerie ennemie, après lui avoir enlevé

plusieurs postes.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 677 / 899 题