Au quartier-général à Bologne, le 13 pluviose an 5 (1er février 1797).
_Au directoire exécutif._
Je vous fais passer, citoyens directeurs, la lettre que m'a écrite M.
le maréchal Wurmser: je lui ai répondu que je ne pouvais accorder la
capitulation qu'il me demandait, et que par égard pour lui, je lui
permettrais de sortir avec cinq cents hommes à son choix, à condition
qu'ils ne serviraient pas pendant trois mois contre la république, mais
que tout le reste devait être prisonnier. J'ai laissé mes instructions
au général Serrurier, et je suis parti pour Bologne.
Le général Serrurier vient de m'instruire qu'il vient de recevoir un
nouveau parlementaire, par lequel il lui offre sa place, à condition
qu'il sortira avec sa garnison, et qu'il s'engagera à ne pas servir
pendant un an contre la république française. Je vais répondre au
général Serrurier que je m'en tiens à ma première proposition, et que si
le général Wurmser n'y a pas accédé avant le 15, je me rétracte, et ne
lui accorde pas d'autre capitulation que d'être prisonnier de guerre
avec sa garnison.
J'ai fait partir ce matin la division du général Victor, qui s'est
portée à Imola, première ville des États du pape. Je vous enverrai ma
proclamation et d'autres pièces imprimées à cette occasion.
Ne pourrait-on pas, si nous allions jusqu'à Rome, réunir le Modénois, le
Ferrarois et la Romagne, et en faire une république, qui serait assez
puissante? Ne pourrait-on pas donner Rome à l'Espagne, à condition
qu'elle garantirait l'indépendance de la nouvelle république? Alors nous
pourrions restituer à l'empereur le Milanez, le Mantouan, et lui donner
le duché de Parme, en cas que nous fussions obligés de passer par
là, afin d'accélérer la paix, dont nous avons besoin. L'empereur n'y
perdrait rien, l'Espagne y gagnerait beaucoup, et nous y gagnerions
plus encore; nous aurions un allié naturel en Italie, qui deviendrait
puissant, et avec lequel nous correspondrions par Massa-Carrara et
l'Adriatique.