BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 8 nivose an 5 (28 décembre 1796).

_Au commissaire ordonnateur en chef._

Il se fait un très-grand abus, citoyen ordonnateur: il n'y a aucune

espèce d'ordre dans la dépense du payeur, il n'y en a pas non plus dans

la livraison de vos ordonnances. Mes intentions sont que vous donniez

les instructions nécessaires au payeur, pour qu'il y ait un mode de

comptabilité qui nous mette à même de connaître, chaque jour, la

situation où nous nous trouvons.

Le payeur de l'armée ne paiera, sur les fonds qui sont mis dans sa

caisse pour la solde des troupes, que le prêt des demi-brigades, de

l'artillerie, des sapeurs, des mineurs et de la cavalerie, ainsi que les

appointemens des officiers de l'armée et des commissaires des guerres.

Il y aura chaque mois 150,000 fr. à votre disposition, sur lesquels,

conformément à l'ordre du ministre, du 11 nivose an 4, vous sera

remboursé ce qui est nécessaire au pansement, aux médicamens et ferrage

des chevaux, c'est-à-dire, trois francs par mois par cheval: il faudra

donc que vous envoyiez une ordonnance à chaque conseil d'administration

en prévenant le payeur que vous y affecterez une somme sur les 150,000

liv.

Vous ferez également solder, sur cette somme, la gratification d'entrée

en campagne, les indemnités de pertes d'équipages; les frais de bureaux

pour toute l'armée seront compris dans un état général que vous

présentera le chef de l'état-major.

Les frais de poste pour toute l'armée et les dépenses extraordinaires

seront soldés par le chef de l'état-major. Vous lui remettrez, à cet

effet, au commencement de chaque mois, 50,000 liv. sur les 160,000 qui

sont à votre disposition, et il devra, à la fin de chaque mois, vous

présenter l'état des frais de bureaux de toute l'armée et des frais de

poste.

Sous quelque prétexte que ce soit, vous ne pourrez jamais dépenser plus

de 100,000 fr. par mois pour les objets dont il est ci-dessus

question, et 50,000 pour les deux articles dont est chargé le chef de

l'état-major.

Lorsque des circonstances extraordinaires nécessiteront une augmentation

de fonds, il faudra, auparavant, que vous donniez une ordonnance au

payeur, afin que les fonds mis à votre disposition soient approuvés.

Les appointemens des médecins et autres administrateurs des hôpitaux

seront payés sur les fonds mis à votre disposition, et vous vous

arrangerez avec le payeur; mais il faut que, sous quelque prétexte que

ce soit, l'on ne détourne point pour une autre destination les fonds

destinés à la solde des troupes.

Pour le mois de nivose, l'on a fait des fonds pour le prêt, et l'on a

mis 100,000 liv. à votre disposition; je vais ordonner qu'on en remette

50,000 en exécution du présent ordre. Je vous prie de me faire connaître

les sommes qui vous sont nécessaires pour la solde des officiers de

santé.

Je vous prie d'envoyer copie de la présente lettre au payeur de l'armée.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 651 / 899 题