BONAPARTE.

Au quartier-général à Bologne, le 28 vendémiaire an 5 (19 octobre 1796).

_Au peuple de Modène._

J'ai vu avec plaisir en entrant dans votre ville l'enthousiasme qui

anime les citoyens, et la ferme résolution où ils sont de conserver leur

liberté. La constitution et votre garde nationale seront promptement

organisées; mais j'ai été affligé de voir les excès auxquels se sont

portés quelques mauvais sujets indignes d'être Bolonais.

Un peuple qui se livre à des excès est indigne de la liberté; un peuple

libre est celui qui respecte les personnes et les propriétés. L'anarchie

produit la guerre intestine et les calamités publiques. Je suis l'ennemi

des tyrans; mais avant tout je suis l'ennemi des scélérats, des brigands

qui les commandent lorsqu'ils pillent; je ferai fusiller ceux qui,

renversant l'ordre social, sont nés pour l'opprobre et le malheur du

monde.

Peuple de Bologne, voulez-vous que la république française vous protège?

voulez-vous que l'armée française vous estime et s'honore de faire votre

bonheur? voulez-vous que je me vante quelquefois de l'amitié que vous me

témoignez? Réprimez ce petit nombre de scélérats, faites que personne ne

soit opprimé: quelles que soient ses opinions, nul ne peut être opprimé

qu'en vertu de la loi...; faites surtout que les propriétés soient

respectées.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 556 / 899 题