Au quartier-général à Milan, le 10 vendémiaire an 5 (1er octobre 1796).
_Au chef de l'état-major._
Vous donnerez des ordres au générai Kilmaine pour le désarmement du
Mantouan, et pour qu'on restitue tous les chevaux qui ont été achetés
aux soldats. Vous ferez payer chaque cheval le prix qu'il aura coûté,
sans que cela puisse excéder cent vingt francs par cheval. Vous formerez
trois colonnes mobiles, commandées par des hommes sages et probes, qui
parcourront, la première, la partie du Mantouan comprise entre le Pô, le
Mincio et l'Oglio; la seconde, la partie comprise entre le Mincio, le Pô
et l'Adige; la troisième, tout ce qui se trouve en deçà du Pô. Je crois
que cent cinquante hommes d'infanterie et la moitié en cavalerie seront
plus que suffisans pour chacune de ces colonnes.
Chacune des colonnes se rendra aux trois chefs-lieux, Castiglione,
Roverbello et Conzague, pour procéder au désarmement, à la recherche de
tout ce qui appartiendrait aux Autrichiens, à l'arrestation des hommes
turbulens qui auraient excité les peuples à prendre les armes contre
l'armée, à la restitution des chevaux vendus par les soldats.
Je vous recommande surtout de vous faire rendre compte de la conduite
des moines de San-Benedetto; dans ce village il s'est commis des
horreurs: j'y avais ordonné une imposition extraordinaire, qu'il faudra
payer sur-le-champ. Vous demanderez au commissaire ordonnateur copie de
mon ordre.
Je vous recommande aussi de mettre un terme à ces perpétuelles
réquisitions qui désolent les pays conquis, sans presque aucun profit
pour la république.
Concertez-vous avec le commissaire ordonnateur Aubernon, pour qu'un
tas de fripons, sous prétexte de l'approvisionnement de l'armée, ne
dépouillent pas les villages à leur profit. Vous êtes dans le Mantouan
le premier agent de la république, vous devez donc porter votre
surveillance sur tout ce qui peut intéresser l'ordre public. Il y a
à Castiglione une commission administrative chargée de la levée des
impositions, prêtez-lui main-forte et tous les secours qui dépendront de
vous.