Au quartier-général à Brescia, le 25 thermidor an 4 (12 août 1796).
_À S.A.R. le grand-duc de Toscane._
J'ai reçu la lettre dont V.A.R. m'a honoré, en date du 13 juillet. Elle
ne m'est arrivée que fort tard, ce qui, joint aux nombreux événemens qui
viennent de se passer, a mis quelque retard dans ma réponse.
Le gouvernement a appris, avec la plus grande douleur, l'occupation de
Porto-Ferrajo par les Anglais. Il aurait été si facile à votre altesse
de défendre cette place; il lui aurait été si avantageux de se conserver
la possession de cette partie essentielle de ses états, qu'on est obligé
de penser que la trahison de votre gouverneur, pareille à celle de
Spannochi, est la cause de cet événement aussi désagréable pour la
France que pour vos sujets.
Le directoire exécutif serait autorisé, sans doute, à s'emparer,
par représailles, des états de votre altesse royale qui sont sur le
continent; mais, fidèle aux sentimens de modération, le gouvernement
français ne changera en rien et n'altérera d'aucune manière la
neutralité et la bonne harmonie qui règnent entre lui et votre altesse
royale.
Je suis avec les sentimens d'estime, etc., de votre altesse royale le
très, etc.