BONAPARTE.

Au quartier-général à Castiglione, le 2 thermidor an 4 (20 juillet

1796).

_Au directoire exécutif._

Le citoyen Comeyras, ministre de la république près les Grisons, s'est

rendu ces jours derniers au quartier-général: il aurait désiré qu'en

conséquence des capitulats qui existaient entre l'archiduc de Milan et

les ligues grises, j'eusse fait fournir du blé à ces dernières. Nous

avons même eu une petite discussion, parce qu'il prétendait que vous

aviez ordonné cette fourniture; mais, par la lecture de la lettre que le

ministre Lacroix m'a écrite, il a été convaincu que ce n'était qu'une

simple autorisation pour le faire si je le jugeais convenable. Je lui ai

dès-lors fait observer qu'il m'était impossible de fournir la quantité

de blé qu'il désirait, à moins que les ligues ne demandassent

l'exécution de cet article des capitulats; ce qui nous mettrait en

droit d'exiger le passage qui est accordé à l'archiduc de Milan, en

indemnisation de ladite fourniture.

Nous avons arrêté en conséquence qu'arrivé à Coire, il écrirait aux

chefs des ligues qu'il avait éprouvé quelques obstacles à obtenir

l'exécution de l'ordre du directoire pour la fourniture des blés, qui

ne pouvait avoir lieu qu'en me faisant connaître officiellement les

capitulats. Le commissaire Comeyras m'a demandé de l'argent pour payer

les pensions des Grisons; il croit qu'avec 60,000 francs notre parti

dans ce pays serait considérablement accru.

Si les circonstances de la guerre nous conduisaient dans le pays des

Grisons, ou si nous avions besoin d'y avoir une force pour s'opposer aux

incursions des ennemis, y aurait-il de l'inconvénient à faire un corps

de tous les Suisses qui ont été au service de France et qui sont

pensionnés: ce qui formerait un corps d'élite de 800 hommes, connaissant

parfaitement les chemins, et qui nous seraient d'un grand secours?

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 481 / 899 题