Au quartier-général à Roveredo, le 18 messidor an 4 (6 juillet 1796).
_Au directoire exécutif._
Je vous ai fait passer, citoyens directeurs, par mon dernier courrier,
la demande que j'avais faite au sénat de Gênes, pour qu'il chassât le
ministre de l'empereur, qui ne cessait de fomenter la rébellion dans les
fiefs impériaux, et de faire commettre des assassinats. Vous recevrez
la note que le secrétaire d'état a communiquée au citoyen Faypoult,
et qu'il m'a envoyée. Vous recevrez également une lettre du ministre
Faypoult, relativement aux affaires de Gênes; je vous prie de la prendre
en considération, et de me donner vos ordres là-dessus. Quant à moi,
je pense, comme le ministre Faypoult, qu'il faudrait chasser du
gouvernement de Gênes une vingtaine de familles qui, par la constitution
même du pays, n'ont pas le droit d'y être, vu qu'elles sont feudataires
de l'empereur ou du roi de Naples; obliger le sénat à rapporter le
décret qui bannit de Gênes huit ou dix familles nobles: ce sont celles
qui sont attachées à la France, et qui ont, il y a trois ans, empêché la
république de Gênes de se coaliser. Par ce moyen-là, le gouvernement de
Gênes se trouverait composé de nos amis, et nous pourrions d'autant plus
y compter, que les nouvelles familles bannies se retireraient chez les
coalisés, et dès-lors les nouveaux gouvernans de Gênes les craindraient,
comme nous craignons le retour des émigrés. Si vous approuvez ce
projet-là, vous n'avez qu'à m'en donner l'ordre, et je me charge des
moyens pour en assurer l'exécution.
J'attends la réponse à cette lettre dans la première décade de
thermidor.