M. Adolphe arriva sur le palier au moment que Mme Bambou le traversait.

En apercevant ce colosse médaillé, aux paupières closes, qui allait en

chaussettes dans l’étroit espace où il avait réussi à venir, à la

manière d’un chat, elle accrocha ses ongles à ses dents qui se

heurtaient et s’aplatit contre une cloison.

Les yeux agrandis, les jambes tremblantes, elle haletait.

Et son épouvante s’accroissait de cette circonstance: dans le salon elle

entendait jouer, comme si c’eût été par lui-même, la langoureuse musique

dont l’homme qui était là, devant elle, aimait à bercer son inaction de

l’après-midi.

Mme Bambou n’était pas très éloignée de supposer qu’il y avait de la

sorcellerie dans tout cela et que son patron, dont les mains, qui

continuaient de ramer, atteignirent le mur, glissèrent dessus et

s’arrêtèrent sur une porte, avait le pouvoir de se dédoubler.

Puis elle vit ceci:

M. Adolphe sortir un pistolet automatique de la poche de sa vareuse,

l’armer, chercher de nouveau la porte, la caresser jusqu’à ce qu’il eut

trouvé le bouton qu’il tourna et qui grinça.

Mais l’huis résista: le verrou avait été poussé à l’intérieur. Une voix

féminine, la voix de Mme Mireille, s’éleva courroucée.

--Qu’est-ce que c’est?

Mireille des Trois Raisins · 第 18 / 21 题