Après tout un été passé ainsi dans l'intimité de ces princesses et du
prince, on conçoit aisément que je ne puisse être impartial sur le
sort de ces souverains, qui descendaient du trône pour s'entretenir
avec un poëte, et pour méditer tout bas le bonheur des peuples qui
leur étaient confiés. Cette vie cessa pour reprendre à Florence,
l'hiver suivant, après leur séjour à Pise et dans leur villa impériale
de _Poggio Caiano_, aux environs de Florence. J'y fus souvent invité
plus tard et j'y dînai dans la salle magnifique où la célèbre
Vénitienne _Bianca Capello_, devenue grande-duchesse par l'amour,
expia par le poison son bonheur et celui de son époux.