VIII

Nous partîmes pour Turin, où je m'arrêtai quelques jours pour y voir

le premier secrétaire d'ambassade, le comte de Virieu, mon ami le plus

intime et presque un frère. Le duc d'Alberg, ami du prince de

Talleyrand, y était alors ambassadeur. Il nous accueillit à

_Rivsalta_, belle maison de plaisance qu'il habitait pendant l'été.

Rien ne semblait annoncer, à Turin, la fermentation sourde d'une

révolution prochaine qui couvait sous les sociétés secrètes et dans

les conjurations ambitieuses des amis du prince de Carignan, depuis le

roi Charles-Albert.

Indépendamment du comte de Virieu, du marquis de Barral, du marquis

Alfieri et de son fils, avec lequel j'avais été élevé, je connaissais

d'enfance presque toutes les illustres familles du Piémont: les

Sambuy, les Ghilini, les Costa, pour avoir reçu avec eux une éducation

commune chez les jésuites de Belley, dans ce collége soutenu par eux.

Je quittai Turin comblé de leur accueil et je m'arrêtai peu à

Florence.

Cours familier de Littérature - Volume 21 · 第 74 / 222 题