VII

Je revins à Paris après la saison des bains; il était convenu que nous

profiterions, l'un et l'autre, de toutes les circonstances favorables

pour amener, elle sa mère et moi ma famille, à consentir à un mariage

que nous désirions tous les deux très-vivement. Ma mère, comme à

l'ordinaire, était ma complice.

Ma nomination à Naples, les espérances que cette carrière ouverte

donnait à mon père, mon séjour de quelques semaines à Mâcon, mes

instances auprès de mes oncles et de mes tantes amenèrent à bien les

négociations; je partis avec l'autorisation de tout le monde et avec

des assurances d'héritages, après la mort de grands parents, qui

rendaient ma fortune au moins égale à celle de ma femme. Ses

démarches auprès de sa mère, et l'influence de ses amies,

mesdemoiselles de La Pierre, avaient triomphé de son côté de tous les

obstacles. J'en étais informé par sa correspondance, et, en arrivant à

Chambéry, je n'eus qu'à recueillir le fruit d'un an de patience et à

emmener avec moi la femme accomplie que l'attachement le plus fidèle

et le plus dévoué me destinait pour compagne de mes jours bons et

mauvais. Nous fûmes mariés dans la chapelle du château royal de

Chambéry, chez le marquis d'Andezène, qui gouvernait alors la Savoie.

L'illustre comte _de Maistre_, mon allié par le mariage de la plus

charmante de mes soeurs, madame Césarine, comtesse de Vignet, avec un

neveu du comte de Maistre, me servit de parrain, chargé des pouvoirs

de mon père.

Cours familier de Littérature - Volume 21 · 第 73 / 222 题