Goethe lut une sublime inspiration qu'il venait de rédiger en vers
sibyllins, intitulée: _Nul être ne peut retomber dans le néant._ Sa
profession religieuse de la constance de Dieu dans ses volontés y est
admirable: c'est la même pensée qui me tomba de la main en écrivant à
vingt ans à Byron:
Celui qui peut créer dédaigne de détruire!
Il se livre de nouveau à ses travaux de naturaliste: il parle avec un
grand éloge du talent transcendant de M. Villemain, qui faisait alors
un cours littéraire à la jeunesse française.
«Villemain a aussi comme critique, dit-il, un rang très-élevé. Les
Français ne reverront jamais un talent égal à celui de Voltaire; mais
on peut dire que, le point de vue de Villemain se trouvant plus élevé
que celui de Voltaire, Villemain peut critiquer Voltaire et juger ses
qualités, et ses défauts.»
On aime à voir un grand poëte rendre cette éclatante justice à un
grand critique; cela efface d'avance les puériles négations de notre
temps.