Les agriculteurs ou les éleveurs de volailles ne sont point toujours
d'accord sur la valeur respective de l'incubation naturelle et de
l'incubation artificielle. Les expériences de M. Brechemin, sans
résoudre définitivement la question, y apportent du moins une
contribution intéressante.
Trois dindes et trois poules furent mises en concurrence pendant les
mois de mars, avril et mai, avec une couveuse artificielle. Les 242
oeufs fécondés soumis à l'incubation naturelle donnèrent 158 poussins;
les 243 oeufs fécondés confiés à la couveuse en donnèrent 209.
On continua l'expérience en appliquant à chaque groupe un système
d'élevage différent, la nourriture étant identique. Les poussins confiés
aux poules et aux dindes furent parqués à l'air libre sur une surface de
4.000 mètres carrés. Trois mois après l'éclosion, il n'en restait plus
que 75, soit une perte de plus de 50%.
Les poussins de l'éleveuse artificielle n'avaient à leur disposition que
600 mètres de terrain dans un local en partie vitré. Au bout de trois
mois, il en restait encore 194 sur 209. La mortalité n'avait pas dépassé
10%.
M. Brechemin conclut que si l'incubation et l'élevage naturels
conviennent pour les petits élevages et donnent des sujets plus
vigoureux, le système artificiel doit être préféré pour les élevages
d'une certaine importance.