II

Maison de la Reine--Brevet de dame d'atours, octroyé à la belle-mère de

madame de Mailly.--Portrait physique de Marie Leczinska.--Caractère de

la femme.--Le jeune homme chez Louis XV.--Entrevue du Roi et du duc de

Bourbon obtenue par la Reine.--Disgrâce de M. le Duc.--Lettre de cachet

remise par M. de Fréjus à la Reine.--Les rancunes du premier ministre

contre la Reine.--La Reine obligée de lui demander la permission de

faire un souper avec ses dames.--Maladie de Marie Leczinska et

indifférence du Roi.--La Reine ne trouvant pas dans son salon un coupeur

au lansquenet.--Louis XV abandonnant l'intérieur de Marie Leczinska pour

la société de jeunes femmes.--Mademoiselle de Charolais.--Passion

qu'elle affiche pour le Roi.--Madame la comtesse de Toulouse.--La petite

cour de Rambouillet.--Froideurs des relations du Roi et de la

Reine.--Les manies de la Reine.--Lassitude de son métier d'épouse et de

mère.

Au moi de mai précédent avait été montée la maison de la Reine, avaient

été choisies les femmes titrées avec lesquelles Marie Leczinska allait

être condamnée à passer les longues heures de sa vie dans

l'emprisonnement royal du palais de Versailles.

La charge de surintendante de la maison de la Reine et de chef du

conseil, d'abord destinée à la jeune princesse de Conti, avait été

définitivement donnée à mademoiselle de Clermont, sœur du duc de

Bourbon[52].

Pour la nomination aux autres places, il y avait eu mille brigues, mille

intrigues, mille cabales. La grande bataille s'était surtout livrée

autour de la charge de la dame d'honneur[53] à laquelle le mérite

personnel de la duchesse de Saint-Simon semblait devoir l'appeler; mais

les inimitiés qu'avait soulevées contre lui le terrible duc et les

attaches du mari et de la femme avec la maison d'Orléans faisaient

donner l'exclusion à la duchesse. Et en dépit des efforts de M. de

Fréjus pour écarter de l'entourage de la Reine les _dévergondées de la

Régence_[54], le Roi nommait comme dame d'honneur, à cause de ses _rares

vertus_, _sa chère et bien-aimée cousine_, la maréchale, duchesse de

Boufflers, cette duchesse, que l'éclat de ses aventures anciennes et

présentes et le libertinage connu et avéré des dames sous ses ordres,

allait faire surnommer _Madame Pataclin_, du nom de la supérieure de

l'Hôpital-Général, où l'on enfermait les filles de mauvaise vie[55].

La dame d'atours était la comtesse de Mailly, dont nous donnons le

brevet.

La Duchesse de Châteauroux et ses soeurs · 第 19 / 68 题