Calice campanulé, avec un tube court ; segments en 2 rangées distinctes,

habituellement 8, quelquefois 10. Corolle campanulée, aussi longue que

le calice, avec le même nombre de segments, qui sont entiers, oblongs et

très imbriqués. Etamines insérées en face des segments de la corolle à

leur base ; filaments subulés, glabres ; anthères lancéolées-oblongues ;

staminodes, une entre chaque filament, grande, oblongue, pétaloide,

fimbriée. Ovaire globuleux, soyeux, 8-10 cavités ; style long, subtile.

Baie ellipsoïde, avec un péricarpe mince, ferme ; semence habituellement

solitaire par avortement, exalbuminée, avec des cotylédons amygdaloïdes

très épais et une radicule courte. Arbres dressés, avec un suc laiteux

abondant, feuilles entières, coriaces, pétiolées, stipulées,

habituellement réunies à l’extrémité de ramuscules et fleurs en ombelles

denses, partant de l’extrémité des ramuscules, avec les feuilles.

Endémique, comprend une espèce certaine et une douteuse. Feuilles

longues de 6 à 9 pouces, avec des veines saillantes. 1. _B. Parkii_ :

Feuilles longues de 2 à 3 pouces, avec des veines grêles. 2. _B. ?

Kirkii ?_

BUTYROSPERMUM PARKII (G. Don) Kotschy.

=Synonymes= : _Vitellaria paradoxa_ Gaertn. — _Bassia Parkii_ G. Don. —

_Mimusops capitata_ Bak. — _Mimusops pachyclada_ Bak.

[Illustration : ÉM. PERROT. LE KARITÉ, ETC., 1907.FIG. I. — =Rameau

fleuri de Karité.= — _Butyrospermum Parkii_ var. _mangifolium_ A. Chev.

(Fleurs, fruit et graine).]

_Description de l’espèce._ — Arbre d’une hauteur de 12m à 20m, à tronc

atteignant un diamètre de 0m60 à 1m20.

Branches épaisses, courtes, formant par leur ensemble une couronne

rameuse rappelant celle du _Quercus pedunculata_ quelquefois elles sont

horizontales, tombés, peu ramifiées.

Ecorce épaisse, grisâtre, rouge à l’intérieur, profondément fendillée et

divisée en petits prismes quadrangulaires superposés.

Bois très-dur, aubier rougeâtre, duramen jaunâtre, moelle glanduleuse, à

la fin rougeâtre.

Deux sortes de rameaux sur l’arbre adulte ; les uns, stériles ou

florifères, plus ou moins étalés, sont courts, épais, rendus noueux par

les cicatrices foliaires rapprochées, transversalement elliptiques, ne

portant des feuilles qu’à leur extrémité, ou dépourvus de feuilles et

terminés par une inflorescence (fig. 1). Les autres plus vigoureux sont

des rameaux d’élongation assez grèles, à cicatrices foliaires éloignées,

à écorce plus mince d’un gris cendré presque lisse ou faiblement

fendillée longitudinalement, à aubier noirâtre et à duramen et moelle

jaunâtre.

Feuilles alternes de 10 à 35 centimètres de long portées sur un pétiole

de 3 cm. 5 à 7 cm. de long, à insertion un peu épaissie,

subquadrangulaire, caniculée en dessus, parcouru de fines stries, brun

tomenteux, à la fin glabre.

Limbe obtus un peu aigu, à base fréquemment aiguë ou un peu

inéquilatérale rarement arrondie, entier, à peine ondulé ; les jeunes

feuilles sont presque membraneuses, tomenteuses par la présence d’un

duvet brunâtre dense plus pâle en dessous ; adultes, elles sont glabres

et coriaces, la nervure médiane est proéminente, aiguë en dessus, très-

fortement accusée en dessous ; nervures secondaires au nombre de 20 à

35, alternes ou rarement un peu opposées, bien moins fortes que la

nervure médiane, en dessous elles sont saillantes, sensiblement

transversales, souvent indivises jusqu’au bord, où elles deviennent

ascendantes et s’anastomosent entre elles pour constituer à la marge un

bord cartilagineux épaissi.

Fleurs nombreuses, réunies en corymbe arrondi inséré à l’extrémité de

gros rameaux courts, elles sont pédicellées, entremêlées d’écailles

lancéolées, acuminées, brunâtres. Pédicelle long de 12 à 18mm plus ou

moins roux tomenteux.

Calice infère à 8 lobes roussâtres, tomenteux, parfois laineux, à lobes

ovales-lancéolés, aigus ou brièvement acuminés, coriaces.

Corolle hypogyne, sub-rotacée, tube de 3mm de long, velu, laineux

extérieurement jusqu’à la moitié supérieure entre les lobes : lobes

longs de 8mm, larges de 2 à 3mm, ovales lancéolés aigus, parfois munis

de quelques dents très-petites. Staminodes au nombre de 6 à 10,

imbriqués, à onglet très-court, acuminés, à acumen très-étroit, fimbriés

sur les bords.

Etamines au nombre de 8, opposées aux lobes de la corolle et insérées au

sommet du tube. Ovaire globuleux un peu déprimé, fortement hérissé,

ayant ordinairement 8 loges ou moins par avortement, renfermant chacune

un ovule attaché au milieu de l’angle central.

Style cylindrique, couvert à sa partie inférieure de poils hispides,

courts, glabre en haut et long de 7mm. Stigmate obtus.

Fruit sphérique ou ellipsoïde, d’un jaune verdâtre à maturité,

renfermant de une à trois graines (le plus souvent une).

=Butyrospermum Parkii= var. =mangifolium= (Pierre 1884 ms.) A. Chev.

Feuilles linéaires, oblongues, à 20-24 paires de nervures parallèles,

longuement pétiolées, complètement glabres à l’état jeune. Pétales

atténués, arrondis : staminodes inclus, obtusiuscules, terminés par une

seule pointe. Ovaire 5-8 loges (le plus souvent 5 loges). Fruit ovoïde à

une ou deux graines.

HAB. Tout le Soudan, depuis le Haut-Sénégal, Moyen-Niger, jusqu’au

bassin du Chari. (Chevalier, 727, 6.685, 13.253 et 13.355).

=Butyrospermum Parkii= var. =Poissoni= A. Chev.

Feuilles oblongues, très-obtuses au sommet, à 20-24 paires de nervures

parallèles, très-saillantes en dessous, souvent brusquement tronquées à

la base. Jeunes feuilles légèrement pubescentes, roussâtres. Pétales

atténués, arrondis. Staminodes terminés par un long acumen simple.

Ovaire 5-8 loges. Fruit arrondi, roussâtre, pubescent à l’état jeune,

1-2 graines.

HAB. Dahomey (Eug. Poisson, no 90, 1903.)

=Butyrospermum Parkii= var. =niloticum= (Kotschy) A. Chev.

Diffère du précédent par ses feuilles jeunes fortement tomenteuses,

roussâtres sur les deux faces, et le pétiole restant pubescent à un âge

avancé. Ovaire 6-10 loges (le plus souvent 6-8), style glabre.

Staminodes obovales sub-émarginés ou longuement cuspidés, avec une

pointe simple ou trilobée. Fruit ellipsoïde.

HAB. Bahr-el-Ghazal (Schweinfurth, 1289, 2785, 1294.)

[Illustration : ÉM. PERROT. LE KARITÉ, ETC., 1907.FIG. II. —

Particularités florales du _But. Poissoni_ A. Chev., d’après les dessins

inédits de Pierre (_les dimensions indiquées sont toutes réduites de

1/10_).]

En résumé, il existe donc, d’après CHEVALIER, « une seule espèce

actuellement connue, _très polymorphe et dans laquelle on peut

distinguer, outre le type, trois variétés s’y rattachant par des formes

intermédiaires_. »

_Histologie._

Nous avons dit déjà que HECKEL avait donné, dès 1885[33], les principaux

caractères histologiques du _Butyrospermum_, reproduits plus tard dans

la _Revue des cultures coloniales_ ; mais nous ne sommes pas toujours

d’accord avec les interprétations de cet auteur qui d’ailleurs ont été

récemment critiquées par CHARLIER[34] à propos de son étude de quelques

plantes du genre _Bassia_.

Nous reprendrons donc cette étude d’une façon complète d’autant que ce

dernier auteur ne s’est occupé que d’une façon tout à fait incidente du

_But. Parkii_. Pour cela nous nous adresserons surtout aux deux variétés

_But. mangifolium_ et _B. Poissoni_ dont CHEVALIER nous a fourni des

échantillons authentiques et nous attirerons l’attention sur les

variations assez importantes des caractères anatomiques.

=Caractères histologiques.= — _B. mangifolium_ A. Chev.

_Tige._ — Dans les tiges âgées, l’épiderme est exfolié par le

fonctionnement d’un périderme externe, donnant naissance à un liège

assez épais formé d’éléments à parois minces ; l’écorce secondaire est

volumineuse et les éléments récents (_ch_) sont pour la plupart remplis

d’une substance réfringente homogène. Quelques cellules renferment au

contraire un produit granuleux et sont très distinctes des précédentes

(_cg_), enfin plus profondément on rencontre des cellules à latex

nettement différenciée et se colorant par l’orcanette et le sudan-

chloral (_lat_). Ajoutons que bon nombre de cellules de ce parenchyme

secondaire contiennent un cristal prismatique d’oxalate de calcium (fig.

III).

Dans la zone interne du parenchyme cortical, les laticifères sont plus

nombreux et très volumineux. Le cylindre central est indiqué par des

amas irréguliers de sclérenchyme protégeant le liber, qui lui-même

renferme des îlots sclérenchymateux de soutien. Les laticifères y sont

relativement peu nombreux, et les cellules à cristaux au contraire très

abondantes, particulièrement autour des îlots de liber primaire épaissi

et écrasé, et autour des amas scléreux périlibériens (fig. III).

[Illustration : FIG. III. — =Coupe transversale dans la région corticale

de la tige âgée du= B. mangifolium. — _pe_, Périderme externe ; _ch_,

cellules à contenu homogène ; _lat_, cellules laticifères se colorant

par l’orcanette ou le sudan-chloral ; _cg_, cellules à contenu granuleux

ne prenant pas les colorations ci-dessus indiquées. G. = 160 d.]

Le bois est normal avec vaisseaux et sclérenchyme ligneux en disposition

nettement radiale, formant un anneau complet divisé par des rayons

médullaires à une seule rangée de cellules. A la pointe des faisceaux

vers la moelle, et séparés d’eux par une bande de parenchyme avec

cellules à contenu huileux homogène, ou cellules scléreuses ponctuées

(fig. XI), on trouve de larges laticifères, parfois accolés, parfois

séparés par une ou plusieurs assises de cellules, de grandeur très

irrégulière, souvent recloisonnées et pourvues chacune d’un cristal

prismatique d’oxalate de calcium. Le parenchyme médullaire central est

assez dense et ne renferme guère de laticifères.

En dehors de cellules à contenu translucide homogène, on doit signaler

aussi la présence de cellules à contenu granuleux.

[Illustration : FIG. IV. — =Coupe transversale dans la région corticale

interne et libérienne de la tige.= — _Lat_, laticifères ; _scl_, amas

scléreux ou fibreux péricycliques ; _le_, liber écrasé à parois

épaissies et cristalligène. G. = 180 d. environ.]

_Pétiole, feuille._ — Au niveau de sa sortie de la tige, le pétiole

renferme un système fasciculaire formé d’un arc ligneux à courbure très

prononcée, et dont les pointes sont réunies par une lame, qui souvent se

soude entièrement, mais parfois reste distincte. Au centre de la région

péridesmique correspondant à la moelle de la tige, on remarque un

certain nombre de faisceaux criblés ou cribrovasculaires surnuméraires

(_1_, fig. V) caractéristiques : les unes sont en effet composés

seulement par des amas de tissu criblé (_fl_, fig. V) ; dans les autres,

il est apparu quelques faisceaux ligneux et parfois même une lame

ligneuse mince, et en opposition avec elle, une bande sclérenchymateuse

formée par des amas périlibériens rappelant ceux de la tige.

Dans la région moyenne, la structure du pétiole est identique, l’arc

ligneux est complet, ou la lame supérieure le plus souvent est disjointe

et de plus il s’est séparé, des 2 cornes de l’arc normal, un faisceau de

chaque côté, faisceau destiné à fournir les deux premières nervures du

limbe foliaire.

En faisant la coupe à une certaine distance de la sortie du tronc, on

pourrait croire que le pétiole naît avec trois faisceaux (structure

trixylée de PIERRE), tandis qu’au contraire il n’existe qu’un seul

faisceau originel (structure monoxylée).

Parfois ces deux faisceaux latéraux ne se détachent qu’à la base même du

limbe (_2_, fig. V).

La structure de la nervure médiane de la feuille sera identique. Très

proéminente à la face inférieure, elle montre le même système

fasciculaire, avec faisceaux cribro-vasculaires surnuméraires

péridesmiques, le plus souvent seulement criblés (_3_, fig. V), et

plusieurs faisceaux détachés des cornes de l’arc, pour aller innerver le

limbe.

Les laticifères sont, comme dans la tige, particulièrement abondants

dans le périderme et on en rencontre aussi quelques-uns dans la zone

parenchymateuse entourant la nervure (parenchyme neural).

Le limbe foliaire est parcouru par des nervures nombreuses formant un

réseau assez serré et régulier, et accompagnés jusque dans leurs plus

extrêmes ramifications par les filets de cellules laticifères qui

parfois s’en détachent et se terminent dans le parenchyme lacuneux

interfasciculaire en extrémité légèrement renflée (_lat, 4_, fig. V).

Les épidermes sont très différents, glabres tous deux, au moins à l’âge

adulte. Les stomates existent seulement à la face inférieure, ils sont

très abondants, mais on n’en rencontre pas au niveau des nervures. Ces

stomates sont ceux des Sapotacées, toujours accompagnés de deux cellules

annexes parallèles à l’ouverture stomatique (_1, 2_, fig. VI).

[Illustration : FIG. V. — =Pétiole, nervure médiane et limbe foliaire.=

— _lat_, laticifère ; _scl_, sclérenchyme périlibérien ; _fcv_,

faisceaux cribrovasculaires surnuméraires ; _fl_, faisceaux criblés

surnuméraires ; _es_, épiderme supérieur ; _h_, hypoderme ; _ch_,

cellules à contenu homogène réfringent ; _n_, faisceau se rendant aux

nervures dans le limbe.]

Les cellules de l’épiderme supérieur (_ces_) sont à parois ondulées et

laissent apercevoir, dans une préparation vue de face, le réseau

polygonal de l’hypoderme (_h_) sous-jacent (_3_, fig. VI).

En effet, le limbe foliaire des _Butyrospermum_ est caractérisé par la

présence d’un hypoderme formé d’une ou plusieurs assises de cellules

(_4_, fig. V), dont quelques-unes paraissent contenir une substance

réfringente analogue à celle dont nous avons signalé la présence dans

les parenchymes cortical, libérien et médullaire de la tige.

[Illustration : FIG. VI. — _1, 2_, =Epiderme inférieur= : _ei_, avec

stomates ; _3_, =épiderme supérieur= dont les cellules, _ces_,

recouvrent mais laissent apercevoir les éléments polygonaux, _h_, de

l’hypoderme ; _4_, épiderme du pédoncule floral, ou de l’ovaire, avec

poils caractéristiques, _p_.]

Le mésophylle bifacial ne comprend qu’une seule assise de cellules

palissadiques occupant un tiers environ de l’épaisseur totale. Quant au

reste du parenchyme, il est extrêmement lacuneux, un peu plus dense à la

face inférieure, parcouru par une nervation extrêmement riche, et de

nombreux laticifères.

_Fruit._ — N’ayant pas eu à notre disposition de fruit jeune ou mûr,

mais frais et bien conservé, nous ne pouvons donner que les indications

généralement connues et d’ailleurs suffisantes. La péricarpe est charnu

et papyracé et toujours disparu dans les échantillons expédiés

commercialement, qui sont constitués par la graine de cette baie, à

laquelle reste souvent adhérente une couche parenchymateuse plus ou

moins détruite par la dessiccation.

A cet état, la coupe de la paroi du fruit montre une zone externe (_E_,

fig. XI) parenchymateuse, adhérant encore à la bande libéro-ligneuse des

faisceaux carpellaires et une zone parenchymateuse interne formé

d’éléments allongés dans le sens tangentiel (_1_, fig. XI) et enfin de

tégument séminal (_tg_) très scléreux qui protège l’amande.

[Illustration : FIG. VII. — =Coupe schématique d’un ovaire jeune

complet= : _o_, loge ovulaire ; _p_, revêtement de poils

caractéristiques (voir aussi _4_, fig. IV).]

Adhérant plus ou moins à cette zone scléreuse vient la partie interne du

tégument de la graine nettement parenchymateux papyracé dont les

cellules sont allongées tangentiellement, il est très mince et entoure

les cotylédons, épais, charnus, huileux ; il renferme des faisceaux

vasculaires assez développés. Le fruit provient du développement d’un

ovaire, qui dans notre cas comptait six loges uni-ovulées (fig. VII)

dont une seule se développe et donne l’unique graine.

L’amande est naturellement entièrement parenchymateuse avec un cercle de

faisceaux libéro-ligneux et de larges cellules qui deviendront les

organes laticifères (_lat_, fig. VIII).

Notons ici, comme particularité, que l’épiderme de la paroi ovarienne,

particulièrement au niveau des loges, est, dans le jeune âge tout au

moins, garnie de poils rameux à deux branches très inégales et à parois

peu épaissies. Ces mêmes poils se retrouvent, à la quantité près, sur le

pédoncule floral (_4_, fig. VI).

[Illustration : FIG. VIII. — =Coupe dans le cotylédon de la graine= :

_e_, épiderme ; _lat_, cellules laticifères ; _cot_, tissu

parenchymateux du cotylédon avec faisceaux vasculaires _f_. G. = 150 d.]

Les recherches effectuées sur des échantillons d’origine très

différentes et sur des matériaux rapportés par M. CHEVALIER, conduisent

à des conclusions absolument identiques. Les variations rencontrées sont

de trop peu d’importance pour n’être pas accidentelles.

C’est ainsi que parfois chez un échantillon provenant du pays de

SNOUSSI, à feuilles appartenant sans doute à la sous-espèce

_mangifolium_, nous avons trouvé parfois quelques rares poils. Dans une

variété, dont les feuilles semblent converger vers le type _Parkii_

vrai, nous avons vu deux assises de cellules palissadiques, mais dans

certaines régions seulement.

_B. Poissoni_ (échantillon de A. CHEVALIER venant de la Gold Coast. —

Les différences histologiques constatées permettent de différencier

cette variété de la précédente en s’adressant au pétiole et au limbe

foliaire. Son aire géographique doit s’étendre de la Côte d’Ivoire, par

la Gold Coast, au Dahomey, mais toujours au sud de la zone d’extension

de la plante. Les poils rameux à branches très inégales, seulement

rencontrées chez le _B. mangifolium_, sur le pédoncule floral, l’ovaire

et les sépales, sont ici assez nombreux sur les deux épidermes et

répartis principalement le long des nervures ; dans ces mêmes endroits

l’épiderme est dépourvu de stomates (_1_, fig. X).

[Illustration : FIG. IX. — =Pétiole, nervure du= _B. Poissoni_ : _1_,

pétiole ; _2_, à la base du limbe ; — _n_, faisceaux se rendant aux

nervures secondaires ; _fcs_, faisceau vasculaire surnuméraire ; _3_,

vers les deux tiers supérieurs.]

Sur le pétiole et à la région d’attache au limbe, on trouve aussi des

poils renflés dont il est impossible de déterminer exactement la forme

et la nature sur les échantillons dont nous disposions. Le système

fasciculaire se rapproche énormément de celui du _B. mangifolium_, avec

faisceaux surnuméraires péridesmiques de forme très irrégulière (_1, 2_,

fig. IX).

Les cristaux prismatiques d’oxalate de calcium sont très abondants

autour des faisceaux et jusque dans l’épiderme, et il est facile de voir

sur ce même épiderme la base sclérifiée de l’insertion des poils (_i,

2_, fig. X).

L’hypoderme est ici simple, nous ne l’avons pas vu dédoublé ; de même le

mésophylle ne montre qu’une seule assise très différenciée de cellules

palissadiques ; ces deux caractères sont particuliers à cette sous-

espèce.

[Illustration : FIG. X. — =Limbe du= _B. Poissoni_ : _1_, Coupe

transversale du limbe avec poils en navette ; _2_, épiderme vu de face,

avec stomates et cellules à parois épaisses _i_, qui sont la base des

poils en navette disparus ; _3_, une maille du fin réseau des nervures

anastomosées, montrant à travers l’épiderme inférieur un laticifère et

sa terminaison libre dans le mésophylle lacuneux sous-épidermique.]

*

* *

_Forme et répartition de l’appareil sécréteur._

L’appareil sécréteur proprement dit est formé, comme on le sait, chez

les Sapotacées, par des files de cellules[35], sortes de laticifères

renfermant le plus souvent un latex guttoïde, de nature et de

composition extrêmement variables avec les espèces. Ces laticifères sont

très abondants dans les divers organes du végétal.

Dans la tige, on en rencontre quelques-uns dans le parenchyme cortical,

d’autres moins volumineux dans le liber, mais les plus développés sont

ceux qui parcourent la moelle, principalement à la périphérie (_lat_,

fig. XI).

Dans le pétiole, les laticifères, petits et en petit nombre dans le

liber des faisceaux, sont au contraire volumineux et abondants dans la

région péridesmique des nervures, beaucoup d’entre eux accolés

intimement aux cordons vasculaires suivent ces derniers jusque dans les

plus petites ramifications des nervures (_3_, fig. X) d’où elles se

détachent plus ou moins pour se terminer en extrémité aveugle et renflée

au milieu du parenchyme lacuneux ; parfois certaines ramifications

s’insinuent entre les cellules palissadiques, pour se terminer presque

dans l’hypoderme.

A côté de cet appareil nettement spécialisé, et dont on peut signaler la

présence jusque dans l’embryon et le cotylédon, il existe des sécrétions

qui doivent jouer un rôle important dans la vie de la plante.

Elles sont situées sur des cellules isolées (_ch_, fig. XI) et se

manifestent sous deux apparences bien distinctes. Les uns renferment une

substance réfringente, homogène, ne se colorant ni par l’orcanette, ni

par le Soudan ; 2o les autres à contenu granuleux, très différent du

précédent.

Nous ne parlerons pas de l’oxalate de calcium, qui se présente toujours

cristallisé en prismes ; il est abondant surtout dans la région

périphérique du liber, autour des paquets du sclérenchyme péricyclique,

et dans la moelle dans la région des laticifères. Dans la feuille, il

suit les nervures et se retrouve parfois jusque dans les cellules

épidermiques.

[Illustration : FIG. XI. — =Région périphérique de la moelle.= — _t_,

trachées indiquant la pointe interne des faisceaux libéro-ligneux ;

_pm_, zone parenchymateuse périphérique de la moelle, avec cellules à

contenu réfringent homogène ou à cristaux et cellules scléreuses

ponctuées ; _lat_, lames de cellules laticifères souvent anastomosées

entre elles ; _pm_, parenchyme médullaire central avec cellules à

contenu granuleux _cg_ et à contenu réfringent _ch_. G = 320 d.

environ.]

En résumé, le Karité le plus anciennement connu, c’est-à-dire la variété

à feuilles de Manguier, le _B. mangifolium_ présente les caractères

histologiques suivants : présence dans la tige d’un périderme

vraisemblablement sous-épidermique, fournissant une abondante écorce

secondaire et permettant la facile cicatrisation des blessures ;

présence d’îlots sclérenchymateux périlibériens et de paquets de fibres

dans le liber. Rayons médullaires à une seule assise ; laticifères en

files de cellules, dans les divers parenchymes mais plus volumineux dans

la région périphérique de la moelle.

Dans le pétiole, on remarque un système fasciculaire particulier formé

d’un arc lib.-ligneux très accentué, dont les deux pointes sont réunies

plus ou moins par une lame vasculaire supérieure et tout le système

étant protégé par des îlots très serrés de sclérenchyme. A l’intérieur

du tissu péridesmique, il existe un nombre variable de _faisceaux

surnuméraires_ : les uns réduits à un amas libérien, les autres

complets, avec bois central représenté le plus souvent par quelques

vaisseaux.

Dans toutes les nervures un peu volumineuses, on retrouve ce caractère

général.

Le mésophylle est bifacial avec une rangée de cellules palissadiques

occupant 1/3 de son épaisseur totale, mais il existe à la face

supérieure un _hypoderme_ à une ou rarement plusieurs assises. Les

épidermes sont glabres au moins à l’état adulte, et les stomates à deux

cellules annexes réparties uniquement à la face inférieure.

La variété _B. Poissoni_ se différencie surtout par la présence de poils

sur le limbe foliaire, surtout au dessus des nervures. Ces poils qui

n’existent dans la variété précédente que sur l’ovaire, le pédoncule

floral et les sépales, sont partout identiques : ils sont formés d’une

seule cellule à deux branches, l’une généralement très courte, l’autre

au contraire, allongée et leurs parois sont presque toujours

relativement minces. La trace des poils tombés se trouve aisément en

examinant les épidermes de face, car ils sont nombreux sur les jeunes

organes.

De plus l’hypoderme comprend ici toujours une seule assise de cellules

jamais dédoublées.

Ajoutons enfin que la complication de structure due à l’apparition des

faisceaux surnuméraires péridesmiques est toujours plus grande dans

cette variété.

Nous n’avons pas étudié la var. _niloticum_ faute de bons échantillons.

* * * * *

[Note 26 : C. F. GÆRTNER. Supplementum Carpologiæ. Lipsiensis, 1805,

III. _Vitellaria paradoxa_, p. 131 et Pl. 205.]

[Note 27 : PIERRE in _Bull. Soc. linn. Paris_, 578.]

Le Karité, l'Argan et quelques autres Sapotacées à graines grasses de l'Afrique · 第 2 / 13 段