Une réforme assez intéressante vient d'être réalisée au quai d'Orsay: il
s'agit des écussons de nos postes diplomatiques.
Jusqu'ici, les chefs de postes diplomatiques ou consulaires n'étaient
guidés par aucune règle précise; ils choisissaient un modèle à leur
convenance et la fantaisie individuelle variait les armoiries
extérieures de nos légations et de nos consulats; le résultat était
tantôt heureux, tantôt contestable.
Un type officiel et uniforme vient d'être choisi pour les écussons qui
servent d'insigne national à nos postes de l'étranger. Ce type a été
exécuté d'après le modèle figurant sur les gardes d'épée et les boutons
d'uniforme diplomatique: le dessin avait été composé, il y a une dizaine
d'années, par le maître graveur Chaplain, membre de l'Institut.
L'éminent artiste, à défaut de disposition visant les emblèmes nationaux
en dehors du décret du 25 septembre 1870 qui ne réglemente que le type
et la légende du sceau de l'État, privé des ressources décoratives et
héraldiques dont dispose une monarchie, avait adopté un symbole sobre et
de bon goût, figurant le régime politique français.
[Illustration: Les nouvelles armoiries diplomatiques françaises.
_D'après une composition de Chaplain._]
La composition de Chaplain représente un faisceau de licteurs surmonté
d'une hache et recouvert d'un bouclier, sur lequel sont gravées les
initiales R. P.; une couronne de feuillage entoure le motif.
L'exécution des écussons a été confiée à la maison Devambez, et les
matrices viennent d'être gravées. Dorénavant, l'emblème officiel du
gouvernement de la République sera uniformément fixé au fronton de tous
nos édifices diplomatiques et consulaires.