La Nouvelle-Zélande.
La Nouvelle-Zélande. -- Situation. -- Surface. -- Configuration.
-- Population. -- Gouvernement. -- Récoltes. -- Bétail. --
Poissons. -- Mines. -- Climat. -- Pluie. -- Instruction publique.
-- Industrie. -- Assistance publique. -- Caisse d'épargne. --
Importation. -- Exportation. -- Navigation. -- Les terres
publiques. -- Manière de les acquérir. -- La poste. -- Le
télégraphe. -- L'armée.
La Nouvelle-Zélande a été ainsi nommée par Tasman, navigateur
hollandais, qui la découvrit le premier. Elle fut visitée par Cook,
qui débarqua à Poverty-Bay le 8 octobre 1769, en revenant de Taïti, où
il avait été envoyé pour observer le passage de Vénus sur le soleil.
Cette contrée, située entre le 34° et 48° latitude Sud et le 166° et
179° longitude Est, se compose de deux îles appelées île Nord et île
Sud. Il y en a aussi une troisième, plus petite, appelée Stewart, et
quelques autres moins importantes.
La surface de cette colonie est presque égale à celle de la
Grande-Bretagne et Irlande; elle comprend 100,000 milles carrés, soit
64,000,000 d'acres ou arpents. Le détroit de Cook, qui sépare les deux
grandes îles, facilite la navigation le long des côtes. Si l'on
considère les deux îles réunies, la configuration est celle de
l'Italie renversée, moins la vallée du Pô; l'île du Nord offre la
même forme de botte avec son talon.
[Illustration: Nouvelle-Zélande.--Types Maori de la classe
supérieure.]
L'île du Nord a une surface de 44,000 milles carrés, et jusqu'en 1876
elle était divisée en 4 provinces: Auckland, Taranaki, Hawke's Bay et
Wellington. L'île du Sud a une surface de 55,000 milles carrés et
comprenait les 5 provinces de Nelson, Mareborough, Canterbury, Otago
et Westland; mais, depuis 1876, ces provinces ont été divisées en 63
comtés: 32 dans l'île Nord et 31 dans l'île Sud.
La Nouvelle-Zélande est traversée par une chaîne de montagnes, comme
l'Italie par l'Apennin.
La hauteur des montagnes va en s'abaissant vers le bout de la botte,
et dans l'île Nord, à part quelques pics et volcans, elle n'atteint
qu'une hauteur de 1,500 à 4,000 pieds; mais, dans l'île Sud, la chaîne
appelée Alpes du Sud atteint jusqu'à 12,000 pieds. Elle a ses neiges
perpétuelles et ses nombreux glaciers.
Les Anglais trouvèrent ici les Maoris, belle race polynésienne, qui
parle la même langue que les habitants de Haïti et des îles Hawaï. Le
Maori est généralement plus grand que l'Anglais: il a les bras plus
longs, mais les jambes plus courtes et la poitrine très développée; il
porte plus de poids que l'Anglais, mais il résiste moins que lui à la
fatigue.
[Illustration: Nouvelle-Zélande.--Chef Maori.]
Les missionnaires protestants, venus en 1814, obtinrent en 1839 la
signature de la plupart des chefs, comme reconnaissant la suzeraineté
de la reine d'Angleterre; mais ils disaient à ces Maoris que, par le
traité, ils donnaient l'ombre à la reine et gardaient la réalité.
Ceux-ci le crurent, mais plus tard, lorsqu'ils virent qu'on prenait
plus que l'ombre, ils se révoltèrent. Ils furent alors soumis par les
armes, et les frais de cette guerre, qui s'élevèrent à 100 millions de
francs, pèsent encore lourdement sur la colonie. Cette race va en
diminuant: d'après le dernier recensement, elle ne compte plus
qu'environ 42,000 individus, pendant que la population blanche,
d'après le recensement de 1882, atteint le chiffre de 517,707. Durant
la même année, on compte 3,600 mariages, soit 7 pour mille de la
population; 5,701 décès, soit 11,19 par mille; 19,000 naissances,
soit 37,32 par mille; 10,945 immigrants, et 7,456 émigrants. Les
hommes sont de 1/5 plus nombreux que les femmes; les naissances
illégitimes n'atteignent que 2%. Il y a en outre 5,000 Chinois et 16
Chinoises; ils sont généralement _diggers_ ou chercheurs d'or;
quelques-uns sont jardiniers, cuisiniers et chasseurs de lapins.
Le gouvernement est le _self-government_, et le _self-administration_
localisé. Le pouvoir exécutif est aux mains d'un gouverneur nommé par
la reine aux appointements annuels de 7,500 l. stg. Il choisit ses
ministres et se guide d'après leurs avis. Par son droit de _veto_ il
participe au pouvoir législatif, mais, depuis 29 ans qu'existe la
Constitution, il n'en a été fait usage que six fois. Le pouvoir
législatif s'exerce par la Chambre haute, ou Conseil législatif,
composé de 49 membres nommés à vie par le gouverneur, et par la
Chambre des représentants ou députés, élus pour 3 ans. Ceux-ci
tiennent les cordons de la bourse et sont en réalité les maîtres. Est
électeur, tout individu âgé de 21 ans, né ou naturalisé sujet
britannique, ayant depuis 6 mois une propriété de 25 l. stg. (625
fr.), ou qui est depuis un an dans la colonie, et depuis les derniers
6 mois dans le district électoral. Tout Maori qui paie une
contribution, ou qui possède une propriété de 25 l stg., est électeur
et vote pour ses représentants maoris, qui sont au nombre de quatre.
Les électeurs sont tous éligibles, s'ils ne sont coupables de crime ou
de banqueroute, ou salariés du gouvernement.
[Illustration: Nouvelle-Zélande.--Phormium Tenax (Chanvre indigène).]
Sous le rapport religieux, le septième des habitants est catholique;
les autres 6/7 protestants de diverses communions. Les catholiques
sont répartis dans les trois diocèses d'Auckland, Wellington et
Dunedin; la plupart des Maoris sont catholiques.
Les villes sont gouvernées par les _Mayors_ (maires) élus chaque année
par les chefs de famille, y compris la veuve, et entourés de leur
conseil municipal. Les routes sont construites et entretenues par des
_Road-Boards_, conseils spéciaux par district; et les _Central_ ou
_local Boards of Health_ ont des pouvoirs étendus pour prendre toutes
les mesures en faveur de la santé publique. Le siège du gouvernement a
été transporté d'Auckland à Wellington, point plus central.
Les îles de la Nouvelle-Zélande sont verdoyantes et en partie encore
couvertes de forêts; plusieurs variétés d'arbres donnent un bois
solide, fin et estimé. Tels sont: le manuka, le totara, le kauri, le
black-birch, le kowhaï et le mataï. D'autres donnent d'excellentes
écorces à tanner ou pour teintures, tels que: le _Hinau_ (Eleocarpus
dentatus), le tawhero (Weinmannia racemosa), le tanhai et le tanekaha
(Phyllocladus trichomanoides). La terre à l'état naturel est couverte
de fougères ou d'un buisson appelé titree, ou de flax (phormium
tenax), dont les Maoris tirent une espèce de chanvre que les colons
ont amélioré par l'emploi des machines. En 1881, on en a exporté 1,307
tonnes, évaluées à 25,285 l. stg.
Il y a encore 10,000,000 d'acres en forêts; 12,000,000 d'acres sont
propres à l'agriculture et 42,000,000 au pâturage. L'herbe indigène
est dure, mais on sème l'herbe européenne, qui pousse très bien; les
fruits et les légumes d'Europe prospèrent, ainsi que les moutons et le
bétail.
Sous le rapport géologique, les terrains d'alluvion comprennent
environ 1,500 milles carrés, le tertiaire marin 18,000, le secondaire
5,000, le paloezoïque 26,000, le schisteux 15,000, le granitique 6,000
et le volcanique 15,000 milles carrés.
En 1882, il y avait 366,000 acres cultivées en blé, et la récolte
était estimée à 8,300,000 boisseaux. La production moyenne est de 24
boisseaux par acre: un boisseau suffit à ensemencer une acre. Pour
l'avoine, la production moyenne est de 28 boisseaux par acre; de 22
pour l'orge, et de 5 tonnes 1/2 pour les pommes de terre.
En 1881, il y avait 13,000,000 de moutons dans la colonie, 161,000
chevaux et 700,000 boeufs ou vaches; mais le nombre a augmenté depuis
et augmentera encore très rapidement à la suite des envois de viande
congelée en Europe. La laine exportée dépasse 60,000,000 de livres par
an, et une partie est filée dans la colonie. De fréquentes expositions
agricoles régionales aident à l'amélioration des races. La laine de la
Nouvelle-Zélande est une des plus estimées, et la viande de mouton est
aussi bonne ici qu'en Angleterre.
Parmi les produits de la colonie, il faut ajouter l'huile des
baleines, qui abondent en ces mers; les peaux de phoques, et les
diverses sortes de poissons qui, importés d'Europe et d'Amérique, se
sont multipliés dans les lacs et les rivières. La mer donne des
poissons analogues à ceux qu'on trouve entre Madère et le Portugal; on
en compte environ 200 espèces, dont 40 se vendent au marché.
Le gibier importé d'Europe: faisans, lièvres, lapins, se sont
multipliés à l'infini. Il est regrettable que les indigènes, pressés
par la faim, aient anéanti le _moa_, oiseau presque aussi grand qu'une
girafe.
Le règne minéral est, lui aussi, bien représenté. On exploite en ce
moment plus de 100 mines de charbon qui, en 1881, ont donné 337,000
tonnes; mais elles deviennent de jour en jour plus productives. On
estime que certaines d'entre elles contiennent plus de 140 milliards
de tonnes. L'or se trouve dans le quartz, et certains quartz
exceptionnels ont donné jusqu'à 600 onces d'or par tonne; mais on le
trouve aussi dans les terrains d'alluvion, qui s'étendent sur 20,000
milles carrés. Le lit des rivières, le gravier de certaines vallées et
certains ciments, faciles à extraire, en fournissent aussi beaucoup.
L'or exporté de la Nouvelle-Zélande jusqu'au 31 décembre 1881 s'élève
à 9,822,755 onces, de la valeur de 38,461,423 l. stg.
On trouve aussi l'argent, le cuivre, le fer, le plomb, le chrome,
l'antimoine, le zinc, le manganèse, plusieurs sortes de pétrole, des
marbres, de belles carrières de pierres de construction, et des
pierres à ciment et chaux hydraulique.
Le climat est un peu meilleur que celui d'Angleterre. La moyenne
thermométrique est de 57° Farenheit dans l'île Nord et de 52° dans
l'île Sud; pendant qu'elle est de 51° à Londres et à New-York, La
quantité de pluie annuelle est de 40 à 50 pouces dans les deux îles,
mais pendant que sur la côte _Est_ elle est de 25 pouces à
Christchurch, elle est de 112 pouces à Hokitika, sur la côte Ouest. Là
pression atmosphérique, entre le 37° et 46° latitude sud décroît de
29,981 à 29,804 pouces, et la moyenne est de 29,919 pendant qu'elle
est de 30,005 dans la même latitude nord. Les vents ouest prédominent.
Une vingtaine de stations envoient plusieurs fois par jour à
Wellington le résultat de leurs observations, et elles sont publiées
dans les journaux pour servir aux agriculteurs et aux navigateurs. Un
service intercolonial met aussi les observatoires de la
Nouvelle-Zélande en communication avec ceux de l'Australie et de la
Tasmanie.
Il y a en Nouvelle-Zélande 911 écoles publiques, avec 2,143
professeurs et 68,000 élèves des deux sexes; 15,000 environ
fréquentent les écoles privées, et 7,000 sont instruits dans leur
famille; 80% des enfants entre 5 et 15 ans fréquentent les écoles; le
nombre des personnes qui savent lire et écrire en 1881 est de 71% de
la population.
Pour l'industrie, en 1881, 1,643 établissements emploient 17,938
personnes. Le sol et construction de ces établissements est évalué à
environ 50,000,000 de francs, et les machines et installations, à
40,000,000 de francs.
Trente-sept hôpitaux soignent dans l'année environ 15,000 malades. Il
y a aussi 7 hôpitaux de fous, un établissement pour les aveugles et
un pour les sourds-muets.
L'excès de l'immigration sur l'émigration oscille entre 2,000 et
40,000 par an.
Le revenu ordinaire et extraordinaire, en 1881, est de 3,757,493 l.
stg. La dépense dans la même année est de 3,675,797 l. stg. La dette
publique a environ 30,000,000 l. stg. Déduction faite d'environ
2,000,000 pour amortissement, reste une charge de 51 l. stg. par
habitant et une rente de 2 l. stg. 1/2 par an et par tête.
La caisse d'épargne postale en 1881 a reçu plus d'un million de l.
stg. (25,000,000 fr.) de dépôts, et les déposants sont au nombre de 1
sur 10, pendant qu'en Angleterre ils ne sont qu'en proportion de 1 sur
19. Les sommes déposées dans la caisse d'épargne postale atteignent
1,232,788 l. stg. Celles déposées dans les autres caisses d'épargne,
316,727 l. stg., soit un total de 1,549,515 l. stg., soit une moyenne
de 3 l. stg. 1 sh. 10 den. (77 fr.) par déposant.
La Nouvelle-Zélande est le premier pays qui ait essayé par l'État un
système d'assurance sur la vie, dont tout le profit est distribué aux
assurés. En 1882, le nombre d'assurés s'élève à 19,456, et les sommes
assurées à 6,507,528 l. stg.
L'importation, en 1881, a atteint le chiffre de 7,457,045 l. stg., et
l'exportation, celui de 6,060,866 l. stg. Dans ce chiffre, la France
entre pour 18,014 l. stg. à l'importation, et 51,464 l. stg. à
l'exportation.
Les principaux articles exportés sont: la laine pour 2,909,760 l.
stg., l'or pour 996,867 l. stg., les produits agricoles pour 1,114,253
l. stg., le suif pour 120,611 l. stg., la gomme Kauri pour 253,778 l.
stg., et le bois de construction pour 71,328 l. stg.
Le tonnage des navires entrés dans les ports de la Nouvelle-Zélande en
1881 s'élève à 461,285 tonnes, celui des navires sortis, à 438,551
tonnes. La _Steam-ship Pacific C{y}_ reçoit du gouvernement une
subvention annuelle de 32,500 l. stg. pour la poste entre Auckland et
San-Francisco: et on vient de voter une subvention annuelle de 20,000
l. stg. pour une ligne directe mensuelle avec Londres.
Les terres publiques ou _crown-lands_ sont administrées par le
ministre des terres, aidé de 11 bureaux des terres pour les 11
districts territoriaux. Sur les 64,000,000 d'acres que comprend la
Nouvelle-Zélande, 14,000,000 ont été vendus ou réservés pour les
écoles et autres services publics; 16,000,000 appartiennent aux Maoris
ou aux Européens qui les ont achetés d'eux, et 34,000,000 restent
disponibles. Sur ce chiffre, 15,000,000 sont couverts d'herbe ou de
fougères, 10,000,000 sont en forêts, et 9,000,000 sont des lacs,
rochers ou sommets de montagnes.
Les terres publiques sont divisées en trois classes: les terres de
villes et villages, vendues aux enchères par lots de 1/4 d'acre, sur
la mise à prix de 7 l. stg. 1/2; les terres suburbaines dans le
voisinage des villes et villages dont les lots, de 2 à 15 acres, sont
vendus aux enchères sur la mise, à prix de 3 l. stg. l'acre; les
terres rurales, soit agricoles, pastorales ou forêts, qui sont
vendues à un prix qui varie, selon les districts, depuis quelques
schellings jusqu'à 2 l. stg. l'acre.
Auckland et les districts de Westland ont adopté le système de
l'_Homestead_. La terre est donnée à l'immigrant, qui n'a qu'à payer
le montant du mesurage; il doit résider 5 ans sur la terre, y élever
une maison et cultiver, le 1/3 dans les 5 ans, s'il s'agit de terre
libre; et le 1/5, s'il s'agit de forêts. Toute personne au-dessus de
18 ans peut, dans le district d'Auckland, choisir de 75 à 50 acres,
selon la qualité de la terre, et toute personne au-dessous de 18 ans,
de 30 à 20 acres; toutefois, une même famille ne peut obtenir plus de
200 acres de terre de première qualité ou 300 de seconde qualité. Il
en est à peu près de même en Westland.
Il y a plusieurs autres manières d'acquérir la terre. On peut
l'acheter aux enchères, ou par contrat ordinaire sur demande faite au
Bureau des terres. Dans ce système, le prix des terres est de 4 l.
stg. 1/2 l'acre pour les terres suburbaines, de 1 l. stg. pour les
terres d'agriculture ou de pâturage. Une personne ne peut acheter
ainsi plus de 20 acres de terre suburbaine, plus de 320 acres de terre
agricole, et non moins de 500 ni plus de 5,000 acres de terre à
pâturage. Les paiements sont échelonnés en 10 demi-annuités pour les
terres suburbaines, en 20 demi-annuités pour les terres agricoles, et
en 30 demi-annuités pour les terres de pâturage. L'acheteur peut
toujours se libérer d'avance.
Sur les terres suburbaines, l'acheteur est tenu de transférer sa
résidence dans le mois de l'achat, et d'y demeurer pendant 4 ans. La
résidence est obligatoire pour 6 ans sur la terre d'agriculture et de
pâturage; mais sur cette dernière on a un an de temps pour s'y
installer. L'acheteur doit, en outre, s'il s'agit de terre suburbaine,
cultiver au moins 1/10 la première année, 1/5 la deuxième année, et en
4 ans il doit avoir cultivé les 3/4, clôturé le tout et fait des
améliorations correspondant au moins à 10 l. stg. par acre.
Dans les améliorations sont compris les constructions, clôtures,
drainages, plantations d'arbres, prix de la culture, etc. Pour la
terre rurale, s'il s'agit de terre libre, l'acheteur doit cultiver
1/20 la première année, 1/16 la deuxième année, et en 6 ans, il doit
cultiver 1/5 et faire des améliorations correspondant à 1 l. stg. par
acre. Sur la terre de pâturage, l'acheteur n'est tenu qu'au séjour de
6 ans; il n'est pas obligé aux améliorations. Après 10 ans, il peut
payer la solde et obtenir la propriété définitive.
Pour les terrains aurifères, l'acheteur ne peut obtenir plus de 320
acres, et il doit y faire certaines améliorations, mais il n'est pas
tenu d'y séjourner. Il paie une rente en demi-annuités de 2 sh. 1/2
par acre, et devient acheteur définitif en payant le prix attribué par
la loi à des terrains analogues. Après 3 ans il peut demander
l'échange de sa terre, et alors il paie à raison de 1 l. stg. 1 sh.
par acre la terre qu'il reçoit en échange, échelonnant les paiements
en 15 demi-annuités. Il reste aussi propriétaire définitif s'il paie
simplement sa rente durant 17 ans consécutifs.
Les terres à pâturage sont aussi louées aux enchères, en lots pouvant
contenir 5,000 moutons ou 1,000 têtes de gros bétail. Le gouvernement
se réserve le droit de résilier le bail moyennant avertissement
préalable d'un an, dans le cas où la terre devrait être vendue ou
louée pour terre agricole. Ces locations sont faites pour 21 ans et au
dessous. Toute personne qui occupe déjà des terres publiques pour
20,000 moutons ou 4,000 têtes de gros bétail ne peut louer ou acheter
un autre lot, excepté pour l'acquisition d'une terre par hypothèque
(mortgage).
Une autre combinaison permet de louer pour 21 ans, avec le droit
perpétuel à renouveler. Trois ans avant l'échéance, le locataire
déclare s'il veut renouveler en payant un loyer calculé à 5% de la
valeur de la terre, fixée par expert, sous déduction de toutes les
améliorations faites durant le premier bail. S'il ne veut renouveler,
le bail est mis aux enchères, et le nouveau locataire doit payer à
l'ancien le montant des améliorations.
Si le gouvernement avait besoin de reprendre la terre ainsi louée, il
devrait rembourser toutes les améliorations, au prix fixé par expert.
En 1882, le gouvernement a vendu sur paiement immédiat à 1,257
acheteurs, 195,390 acres de terre, pour agriculture; à 271 acheteurs;
1,482 acres de terre suburbaine, et à 704 acheteurs, 303 acres de
terre urbaine. Il a vendu par paiements échelonnés, à 497 acheteurs,
74,336 acres de terre d'agriculture; à 9 acheteurs, 24,634 acres de
terre de pâturage, et à 198 acheteurs, 1,189 acres de terre de
village. Il a reçu pour location de champs aurifères, 7,600 l. stg.;
pour location des terres pastorales, 182,880 l. stg., et pour autres
locations, 5,500 l. stg. Il a ainsi retiré des terres une somme de
535,607 l. stg.
En 1870, le parlement vota un emprunt de 10,000,000 de l. stg. pour
les travaux publics et l'immigration. Depuis, 2,000 kilomètres de
chemins de fer ont été ouverts, et environ le double de routes
carrossables. On a organisé sur un bon pied les phares et les ports.
Le télégraphe dessert tout le pays et a transmis, en 1882, 1,500,000
dépêches. La poste a transmis en 1882, 12,000,000 de lettres à 0 fr.
10 pour la colonie et l'Australie, et presque autant d'imprimés. On a
amené de l'eau sur les champs aurifères pour le lavage, et 4 navires
arrivent tous les ans d'Angleterre, pleins d'immigrants; 1,400 hommes
suffisent à la force armée, mais, en cas de nécessité, 10,000
volontaires sont prêts à marcher, outre un millier de pompiers
organisés militairement.
C'est beaucoup de progrès en 40 ans, et ce progrès augmentera encore
tant que le peuple continuera à rester attaché aux principes religieux
et au respect de l'autorité, qui ont fait sa force.
Mais après cet aperçu sur l'ensemble de la colonie, il est temps de
reprendre mon journal de voyage.