remarquables de Paris, tant par son architecture que par sa
magnificence et sa belle situation. Le comte d'Évreux le fit élever en
1718, sur les dessins et sous la conduite de Molet, célèbre
architecte. Madame de Pompadour, l'ayant acquis, y fit faire plusieurs
augmentations et embellissements, et l'occupa jusqu'à sa mort. Quelque
temps après, Louis XV l'acheta du marquis de Marigni, pour en faire
l'hôtel des ambassadeurs extraordinaires. On changea ensuite cette
destination, et cet hôtel servit au garde-meuble de la couronne, en
attendant qu'on eût achevé celui qu'on lui destinoit dans un des
bâtiments de la place Louis XV. Enfin il passa, en 1773, entre les
mains de M. Beaujon, qui en fit sa demeure ordinaire, et dépensa des
sommes énormes pour y réunir tout ce que les arts et le luxe
pouvoient produire de plus rare, et de plus exquis et de plus
magnifique[620].
[Note 620: Buonaparte et plusieurs personnes de sa famille
ont habité cet hôtel; l'empereur de Russie y a logé en 1815.
L'infortuné duc de Berry en a été le dernier habitant.]
Ces hôtels sont les plus remarquables de ce quartier; nous nous
contenterons de donner la nomenclature des autres édifices de ce
genre, qui y sont répandus en grand nombre, et principalement dans le
faubourg Saint-Honoré.
Hôtel d'Andlau, rue des Champs-Élysées.
---- d'Armaillé, rue d'Aguesseau.
---- de Beauveau, rue des Saussayes.
---- de Beaufremont, rue d'Anjou.
---- de la Belinaye, même rue.
---- de Castellane, rue de l'Arcade.
---- de Créqui, rue d'Anjou.
---- de Charost, faub. Saint-Honoré.
---- de Contades, rue d'Anjou.
---- de Chastenaye, faubourg Saint-Honoré.
---- de Duras, rue de Duras.
---- d'Elboeuf[621], place du Carrousel.
---- de Fodoas, rue des Saussayes.
---- de la Marck, rue d'Aguesseau.
---- de Nicolaï, rue d'Anjou.
---- de Mont-Bazon, faub. St-Honoré.
---- de la Rivière, rue d'Anjou.
---- de Rouault, même rue.
---- de Ray, faub. St-Honoré.
---- de Soyecourt, rue de la Pologne.
---- de la Trimouille, même faubourg.
---- de la Vrillière, rue Saint-Florentin[622].
---- de Villequier-d'Aumont, rue Neuve-du-Luxembourg.
---- de la Vaupalière, faubourg Saint-Honoré.
[Note 621: Il est occupé maintenant par le grand aumônier de
France.]
[Note 622: Il appartient à M. de Talleyrand-Périgord, prince
de Bénévent. L'empereur de Russie l'a occupé en 1814.]
JARDIN DE MOUCEAUX.
Avant l'époque de la dernière enceinte élevée sous Louis XVI, Mouceaux
étoit un hameau situé hors de Paris, à l'extrémité septentrionale du
quartier que nous décrivons, entre l'église paroissiale de Clichy et
les dernières maisons de la ville. Il y avoit en cet endroit un
château nommé _Belair_, appartenant à M. Grimod de La Reynière,
fermier général; à ce château étoit attachée une petite chapelle,
dédiée sous l'invocation de saint Étienne, et qui servoit de
succursale à l'église de Clichy.
C'est dans cet endroit que le dernier duc d'Orléans fit planter, en
1778, le parc anglais connu aujourd'hui sous le nom de _jardin de
Mouceaux_. Le dessinateur de ce délicieux paysage a trouvé le moyen de
réunir dans un espace peu étendu tous les prestiges et tous les effets
pittoresques qu'on peut désirer dans ce genre de plantations. Ce
jardin n'a point cessé d'être entretenu avec le plus grand soin.
PÉPINIÈRES DU ROI.
Elles occupoient un terrain considérable que séparoit en deux la rue
de Courcelles. On y cultivoit, en pleine terre, les arbres étrangers
des espèces les plus rares.
ÉCURIES DU ROI.
Elles ont été établies dans la portion de l'hôtel Longueville qui n'a
point encore été démolie.
ÉCURIES DU COMTE D'ARTOIS.
Elles sont situées sur les terrains de l'ancienne pépinière du
roi[623], que ce prince avoit achetés. Commencées peu de temps avant
la révolution, sur les dessins et sous la conduite de M. Bellanger son
architecte, elles n'ont point été achevées, et méritoient de l'être.
La partie gauche, qui seule est terminée, offre des constructions
très-élégantes, qui font regretter de ne pouvoir jouir de l'ensemble
d'un aussi joli monument.
[Note 623: Au coin de la rue Neuve-de-Berri et de celle du
faubourg du Roule.]
HÔTEL DES ÉCURIES DU ROI.
Cet hôtel étoit situé, avant la révolution, en face du pavillon
Marsan. Il a été abattu, et sur le terrain qu'il occupoit a été élevé
un passage couvert et garni de boutiques, dit le passage Delorme.
FONTAINES.
_Le Château-d'Eau._
Nous ayons déjà parlé de ce monument, élevé en face du Palais-Royal
par le duc d'Orléans, régent[624].
[Note 624: _Voyez_ p. 901.]
_Fontaine des Quinze-Vingts._
Elle étoit située dans l'enclos de cet hôpital, et a été abattue en
même temps que ses bâtiments.
_Fontaine de Richelieu_.
Elle est située dans la rue qui porte ce nom, et au coin de la rue
Traversière. On y lisoit cette inscription composée par Santeuil:
_Qui quondam magnum tenuit moderamen aquarum
Richelius, fonti plauderet ipse novo._
Cette fontaine, qui rappelle les compositions incohérentes de
l'ancienne école française, se compose d'une niche accompagnée de
pilastres doriques, avec table renfoncée et coquilles; un fronton que
surmontent des figures en relief couronne cette composition; et
au-dessus s'élève un grand amortissement avec pilastres corinthiens et
consoles renversées. Il n'est pas nécessaire de faire remarquer
combien un semblable style est bizarre et contraire à tous les
principes du bon sens et du bon goût.
_Fontaine du Diable_.
Cette fontaine, située rue de l'Échelle, à l'extrémité de celle de
Saint-Louis, fut reconstruite à neuf en 1759. La composition en est
agréable: elle offre une pyramide portée sur un piédestal, et ornée
d'une table saillante au-dessus de laquelle sont groupées deux
divinités marines qui soutiennent la proue d'un vaisseau. Ces figures
sont d'un bon caractère; et celui du monument entier est d'une
simplicité élégante qui peut étonner, si l'on considère l'époque à
laquelle il a été construit.
_Fontaine d'Amour._
Cette fontaine, qui n'a rien de remarquable dans son architecture, est
située à l'angle des rues des Moineaux et des Moulins.
_Fontaine des Capucins._
Cette fontaine, dont l'architecture ne mérite également aucune
attention, est située rue Saint-Honoré, et fut construite en 1718,
près de la porte du monastère de ces religieux. On y lit encore cette
inscription composée par Santeuil:
_Tot loca sacra inter pura est quæ labitur unda:
Hanc non impuro quisquis es ore bibas._
_Fontaine de la place Louis XV._
Cette fontaine, qui a été détruite, étoit située près de l'entrée de
l'Orangerie.
BARRIÈRES.
Les limites du quartier du Palais-royal, du côté du couchant,
terminent la ville de Paris dans un espace qui s'étend depuis le bord
de la rivière jusqu'au-delà du jardin de Mouceaux. Il y a dans cette
partie des nouvelles murailles élevées sous Louis XVI, huit barrières
qui se présentent dans l'ordre suivant:
1. Barrière des Bons-Hommes.
2. -------- de Franklin.
3. -------- de Passy, ou de Ste-Marie.
4. -------- de Longchamps.
5. -------- du Réservoir, ou des Bassins.
6. -------- de Chaillot, ou de Neuilly.
7. -------- du Roule.
8. -------- de Courcelles.
9. -------- de Montmartre[625].
[Note 625: On trouvera à la fin du troisième volume de cet
ouvrage une notice sur les barrières de Paris, qui sont au
nombre de cinquante, et dont plusieurs sont remarquables
par l'élégance et le bon style de leur architecture.]
RUES ET PLACES
DU QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
_Rue d'Anglade._ Elle va de la rue Traversière à la rue Sainte-Anne,
et doit son nom à un maître Cartier, nommé _Gilbert Anglade_, qui, en
1639, acheta un emplacement rue des Moulins, sur lequel celle-ci a été
ouverte. Dans un censier de l'archevêché, de 1663, elle est nommée
_Anglas_ par altération; et cette erreur a porté Sauval à lui chercher
de fausses étymologies, et à rejeter la véritable. Cette rue n'est
indiquée sous aucun nom sur les plans de Gomboust et de Jouvin.
_Rue d'Angoulême._ Cette rue, percée depuis 1780, aboutit d'un côté
dans la rue du Faubourg du Roule, et de l'autre à celle de Ponthieu.
_Rue d'Anjou._ Elle aboutit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et à
celle de la Ville-l'Évêque; elle étoit bâtie et connue sous ce nom dès
l'an 1649. Elle est nommée dans un plan manuscrit _rue des Morfondus_,
dite _d'Anjou_.
_Rue Sainte-Anne._ La partie de cette rue qui dépend de ce quartier
commence au carrefour _des Quatre Cheminées_, et finit à la rue
Neuve-des-Petits-Champs. Cette rue, percée en 1633, prit le nom de
Sainte-Anne, en l'honneur d'Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII.
Elle n'alloit encore, en 1663, que jusqu'à la rue Clos-Georgeot,
au-dessus de laquelle étoient deux moulins qui l'avoient fait appeler
_rue des Moulins_, et du _Terrain aux Moulins_. Auparavant, cet
endroit est nommé, dans les anciens titres de l'archevêché, _la Place
au Sang et la Basse-Voirie_, parce qu'on y déposoit les boues et les
immondices. Le 15 septembre 1667, quatre particuliers obtinrent, par
un arrêt du conseil, l'autorisation d'aplanir la butte qui existoit en
cet endroit, et d'y tracer douze rues nouvelles[626]. Elles furent
couvertes de maisons dans les années suivantes, et tout cet endroit
étoit bâti en 1677. C'étoit à l'entrée de cette rue qu'étoit le marché
aux pourceaux, qu'on y avoit placé en 1528, et qui subsistoit encore
en 1609.
[Note 626: Traité de la Pol., t. 1, p. 88.]
_Rue de l'Arcade_, ou _de la Pologne_. Elle va de la rue de la
Magdeleine à celle de Saint-Lazare, vulgairement dite des Porcherons.
Cette rue doit son premier nom à une arcade ou voûte qui servoit à
faciliter la communication des jardins des religieuses de la
Ville-l'Évêque; le second à une maison et terrain appelé la Petite
Pologne, où elle conduisoit. Elle se trouve indiquée dans quelques
titres de l'archevêché sous le nom d'_Argenteuil_.
_Rue d'Argenteuil._ Elle aboutit d'un côté rue des Frondeurs, de
l'autre à la rue Neuve-Saint-Roch, et est ainsi nommée parce qu'elle a
été bâtie sur l'ancien chemin qui conduit à Argenteuil.
Entre cette rue et celle des Moineaux et des Orties, étoit placé au
dix-septième siècle le marché aux chevaux. Il y est resté jusqu'en
1667. Anciennement cet endroit s'appeloit _la Haute-Voirie du faubourg
Saint-Honoré_. Il est ainsi désigné dans un titre du 12 mars
1564[627].
[Note 627: Arch. de l'archev.]
Il y a dans la rue d'Argenteuil un passage qui communique à la rue
Saint-Honoré. Il règne le long de l'église Saint-Roch et y conduit.
C'étoit anciennement un cul-de-sac sous le nom de Saint-Roch, qui
aboutissoit à une des portes de l'église avant sa reconstruction. Il
se prolonge maintenant jusqu'à la rue Saint-Honoré.
_Rue d'Astorg._ Cette rue, située dans le faubourg Saint-Honoré, et
ouverte depuis 1779, donne d'un bout dans la rue Roquépine, et finit
de l'autre à un carrefour où viennent aboutir les rues des Saussayes,
de Surêne et de la Ville-l'Évêque. Elle doit son nom à une famille
distinguée qui y avoit un hôtel.
_Rue aux Bassins._ C'est une ruelle sans maisons, située dans
Chaillot, vis-à-vis la barrière de Longchamps.
_Rue des Batailles._ Cette rue, située dans Chaillot, n'a fait partie
de la ville qu'à l'époque où ce village y a été renfermé. Elle fait la
continuation de la grande rue de Chaillot jusqu'à la barrière de
Passy, où étoit autrefois situé le couvent de la Visitation.
_Rue de Beaujolois._ Elle a été percée depuis 1780 sur l'ancien
emplacement des Quinze-Vingts. Elle donne d'un bout dans la rue de
Chartres, et de l'autre dans celle de Valois. Il y a une autre rue de
Beaujolois qui va du passage de Radziville à l'autre extrémité de la
façade du nord du Palais-Royal où elle donne dans la rue Montpensier.
_Rue de Berri._ Cette rue, également ouverte depuis 1780, donne d'un
côté dans la rue du Faubourg-du-Roule, et de l'autre dans celle de
Ponthieu, et sur l'avenue de Neuilly. Elle se nomme maintenant rue
_Neuve de Berri_.
_Rue des Blanchisseuses._ C'est une ruelle de Chaillot qui sépare des
jardins, et aboutit d'un côté à la grande rue de ce village, de
l'autre à l'allée des Veuves.
_Rue des Boucheries._ Elle va de la rue Saint-Honoré dans celle de
Richelieu; elle fut bâtie vers l'an 1638. Son nom lui vient de la
boucherie des Quinze-Vingts, qui fut construite vis-à-vis, lorsqu'on
démolit la porte Saint-Honoré pour la reporter plus loin.
_Cul-de-sac de la Brasserie_ (_Voy._ rue Traversière).
_Rue Brunette._ Cette rue donne d'un côté dans la grande rue de
Chaillot et la rue des Batailles, de l'autre dans la rue Basse de
Chaillot. Elle se nomme aujourd'hui rue _Gasté_.
_Rue du Carrousel._ Elle étoit ainsi nommée de la place qui est devant
le château des Tuileries, et aboutissoit à la rue de l'Échelle. Elle
avoit été bâtie sur l'emplacement des fossés qui régnoient le long des
murailles de la ville, lorsque l'enceinte de ces murailles suivoit la
rue Saint-Nicaise. Cette rue a été détruite et est entrée dans le plan
de la nouvelle place du Carrousel.
_Grande rue de Chaillot._ Cette rue, qui traverse presque tout le
village de ce nom, donne d'un côté dans l'avenue de Neuilly, de
l'autre dans celle des Batailles.
_Rue Basse de Chaillot._ Elle donne d'un côté dans la grande rue de
Chaillot, de l'autre sur le quai de la Savonnerie.
_Rue des Champs._ C'est une des petites ruelles qui sont situées en la
rue des Batailles et celle de Chaillot. Il en existe encore deux
autres qui sont sans nom.
_Rue des Champs-Élysées._ Elle conduit du Faubourg-Saint-Honoré aux
Champs-Élysées et à la place Louis XV. Ce n'étoit jadis qu'un simple
chemin sur lequel on a bâti quelques maisons au commencement du
dix-huitième siècle. On la nommoit anciennement ainsi que la rue de
la Magdeleine, _l'Abreuvoir-l'Évêque_. Le plan de La Caille, de 1714,
est le premier qui l'indique sous le nom de la _Bonne-Morue_, qu'elle
a conservé jusqu'en 1769, où celui qu'elle porte aujourd'hui lui fut
donné.
[Note 628: Vis-à-vis cette rue est une rue _sans nom_, où
sont les réservoirs de la pompe à feu.]
_Rue de Chartres._ Cette rue, percée depuis 1780 sur l'ancien
emplacement des Quinze-Vingts, aboutit d'un côté à la place du
Palais-Royal, de l'autre à la rue Saint-Nicaise.
Il y a une autre rue de Chartres qui fait suite à celle de Courcelles,
jusqu'à la barrière du même nom. On la nomme aujourd'hui rue de
_Mantoue_.
_Rue du Chemin Vert_ ou _Rue Verte_. Elle aboutit à la rue du
Faubourg-Saint-Honoré et à celle de la Ville-l'Évêque. Ce nom lui
vient sans doute de l'herbe qui croissoit des deux côtés du chemin sur
lequel elle a été bâtie. On l'appeloit anciennement _rue des Marais_;
elle est connue plus généralement aujourd'hui sous le nom de _rue
Verte_. Il y a dans cette rue une caserne d'infanterie.
_Rue Clos-Georgeau._ Elle donne d'un bout dans la rue Sainte-Anne, de
l'autre dans la rue Traversière. Quand on commença à bâtir sur la
pente de la butte Saint-Roch, on ouvrit cette rue sur le jardin d'un
particulier dont elle prit le nom. Plusieurs titres font mention de ce
clos qui est nommé _Jarjeau_ dans les archives de l'archevêché.
_Rue du Colysée._ C'étoit un chemin qui conduisoit à une espèce
d'amphithéâtre bâti vers l'an 1772, où se donnoient des fêtes et où
l'on tiroit des feux d'artifice. Cet édifice a été détruit, mais la
rue existe toujours. Elle donne d'un côté dans la rue du faubourg
Saint-Honoré, de l'autre dans l'avenue des Champs-Élysées.
_Rue de la Corderie._ _Voyez_ rue de la Sourdière.
_Rue de Courcelles_ ou _de Villiers_. On donnoit autrefois ces deux
noms à cette rue, qui n'a conservé que le premier. C'étoit alors un
simple chemin qui conduisoit du faubourg Saint-Honoré près de l'église
du Roule, à Villiers-la-Garenne et à Courcelles.
_Rue Daguesseau._ Elle aboutit d'un côté dans la rue de Surêne, de l'autre
dans celle du Faubourg-Saint-Honoré, et doit son nom à M. Daguesseau,
conseiller au parlement, qui la fit percer pour communiquer à un marché
qu'il avoit eu la permission d'établir en cet endroit, et qui a été
transféré depuis dans la rue du Chemin-du-Rempart.
_Marché Daguesseau._ Il est situé dans l'espace qui sépare la rue de
la Magdeleine de celle du Chemin-du-Rempart, et l'on y entre par ces
deux rues. Ce marché fut établi en cet endroit pour la commodité des
habitants du faubourg Saint-Honoré et du Roule, par les soins de
Joseph Antoine Daguesseau, conseiller honoraire au parlement de Paris.
Il l'avoit d'abord placé, en 1723, sur un terrain plus éloigné qu'il
avoit obtenu par échange de madame de Duras. Depuis on jugea qu'il
étoit avantageux de rapprocher ce marché de la ville; et des
lettres-patentes ayant été obtenues à cet effet en 1745, il fut ouvert
le 2 juillet 1746, sur l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui, lequel
appartenoit à André Mol de Lurieux, avocat au conseil.
_Rue du Dauphin._ Elle donne d'un bout rue Saint-Honoré, vis-à-vis
Saint-Roch; de l'autre elle aboutissoit autrefois à la porte du jardin
des Tuileries, et donne aujourd'hui dans la rue de Rivoli. Cette rue
s'appeloit d'abord _rue de Saint-Vincent_. Elle est ainsi indiquée en
1575[629]. On l'a ensuite appelée cul-de-sac Saint-Vincent, parce
qu'on la fermoit toutes les nuits du côté des Tuileries. Elle a porté
ce nom jusqu'au mois de novembre 1744, que Louis XV, à son retour de
Metz, étant venu habiter quelques jours ce palais, le dauphin son fils
passa par cette rue pour aller entendre la messe à Saint-Roch. Pendant
le peu de temps qu'il resta à l'église, on enleva l'inscription de
cul-de-sac de Saint-Vincent, pour y substituer celle de rue du
Dauphin, qu'elle a conservé jusqu'en 1789, et repris depuis la
restauration.
[Note 629: Cens. de l'évêché.]
_Rue du Doyenné._ Elle aboutissoit dans la rue Saint-Thomas-du-Louvre
et dans le cul-de-sac du même nom. Elle étoit nommée rue du Doyenné,
parce qu'elle avoit été ouverte au milieu de la maison et de la cour
du doyen de Saint-Thomas, depuis Saint-Louis du Louvre. On l'appeloit
dans le principe rue du _Doyenné Saint-Thomas-du-Louvre_[630].
[Note 630: Il existe encore une petite portion de cette rue,
qui donne sur la place du Carrousel.]
_Rue de Duras._ Elle commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et
aboutit à l'ancien marché Daguesseau. Elle a pris son nom de l'hôtel
de Duras, le long duquel elle est située.
_Rue de l'Échelle._ Elle va de la rue Saint-Honoré à la place du
Carrousel. Quelques-uns ont pensé que cette rue avoit pris son nom de
l'échelle patibulaire que les évêques de Paris avoient eue dans cet
endroit: quoiqu'il n'y ait point de preuves suffisantes pour appuyer
cette opinion, cependant il est certain qu'au milieu du dix-septième
siècle la barrière des Sergents du For-l'Évêque étoit placée au coin
de cette rue.
_Rue l'Évêque._ Elle va d'un bout au carrefour des Quatre-Cheminées,
de l'autre à celui que forment les rues des Moineaux, des Moulins et
des Orties. On présume que son nom lui vient de ce qu'elle a été
ouverte sur la haute voirie qui appartenoit à l'évêque de Paris.
Plusieurs titres, qui remontent au commencement du règne de Louis
XIII, parlent de cette rue, et quelques-uns nous apprennent qu'elle
s'appeloit anciennement rue du _Culloir_, sans nous donner
l'étymologie de ce nom.
_Rue Saint-Florentin._ Elle va de la rue Saint-Honoré aux Tuileries;
elle s'appeloit auparavant _Cul-de-sac de l'Orangerie_, et devoit ce
nom à l'orangerie du roi qui se trouvoit au bout. Il paroît, par les
titres de Saint-Éloi, que l'alignement en fut pris en 1640; et que,
dès 1651, on la nommoit rue de l'Orangerie. Cependant Gomboust et
Bullet ne lui donnent que le nom de _cul-de-sac_. Le duc de la
Vrillière, ministre et secrétaire d'état, ayant fait bâtir un hôtel
dans cette rue, elle changea de nom, et prit, le 26 janvier 1767,
celui de rue Saint-Florentin, sous lequel ce ministre étoit alors
connu.
_Rue des Frondeurs._ Elle aboutit à la rue Saint-Honoré et au
carrefour des Quatre Cheminées. On ignore le nom que cette rue portoit
anciennement; car s'il est vrai que le mot _Frondeurs_ vienne des
troubles connus dans notre histoire sous le nom de _Fronde_, elle n'a
pu être appelée ainsi que depuis 1648. Elle est sans nom sur les plans
de Gomboust et de Bullet. On la trouve nommée pour la première fois
sur celui de Rouvin, en 1697.
_Rue Sainte-Geneviève._ Voyez _rue Hébert_.
_Rue du Hasard._ Elle va de la rue Traversière à la rue Sainte-Anne;
on ignore à quelle occasion elle a pris ce nom, sous lequel elle est
déjà indiquée, en 1622, dans un censier de l'archevêché.
_Rue Hébert._ Nous ignorons l'étymologie de ce nom qu'a porté d'abord
ce chemin, qui aboutit d'un côté à la grande rue de Chaillot, et de
l'autre au terrain vague qui vient finir aux murs de la ville. On le
nomme maintenant rue Sainte-Geneviève. Le chemin _sans nom_ qui
descend de la barrière de Passy à cette rue vient de recevoir celui de
_rue de Lubeck_.
_Rue Saint-Honoré._ La partie de cette rue qui dépend de ce quartier
commence au coin de la rue des Bons-Enfants, et finit au
boulevart[631].
[Note 631: Sur les changements de nom qu'elle a éprouvés,
_voyez_ page 912.]
_Rue du Faubourg-Saint-Honoré._ Elle commence au boulevart, et finit à
celle du Roule; on l'appeloit en 1635 _la chaussée du Roule_, parce
qu'elle conduisoit au village du même nom.
_Rue de Longchamps._ C'est un chemin qui donne, comme la rue Hébert,
dans la grande rue de Chaillot, et se prolonge à travers les champs
jusqu'à la barrière du même nom.
_Rue Saint-Louis._ Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Honoré, et
de l'autre dans celle de l'Échelle. On présume qu'elle doit son nom au
voisinage de l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé par saint Louis, ou à
la rue Saint-Honoré, qui, comme nous l'avons dit (_p._ 912),
s'appeloit anciennement, dans cet endroit, _Grande Rue Saint-Louis_.
Gomboust et Bullet nous apprennent, dans leur plan, que cette rue se
nommoit anciennement rue de _l'Échaudé_; mais avant eux on la
désignoit déjà sous le nom de rue Saint-Louis; et l'ayant repris, elle
l'a toujours conservé. Nous remarquerons ici que ce nom de
_l'Échaudé_, que nous retrouverons dans la nomenclature des rues de
Paris, étoit une dénomination générale que l'on donnoit à une masse ou
_île_ de maisons de figure triangulaire; et l'on appeloit rue de
l'Échaudé; celle qui faisoit la base ou l'un des côtés de ce triangle.
La rue dont nous parlons est aussi indiquée sous le nom de rue des
_Tuileries_, dans un censier de l'archevêché, de 1663.
_Rue de Lubeck._ Elle descend de la barrière de Passy à la rue Hébert,
maintenant rue Sainte-Geneviève.
_Rue Neuve de Luxembourg._ Elle donne d'un bout dans la rue
Saint-Honoré, de l'autre sur le boulevart. Elle doit son nom au
maréchal duc de Luxembourg, qui avoit son hôtel sur le terrain qui
forme aujourd'hui cette rue.
_Rue Magdebourg._ C'est le nom que porte aujourd'hui une ruelle située
à droite de la rue des Batailles, en descendant vers celle de
Chaillot.
_Rue de la Magdeleine._ Elle commence à la rue du
Faubourg-Saint-Honoré, et aboutissoit en 1789 à celle de l'Arcade et à
l'église paroissiale dont elle a pris le nom. On l'a aussi appelée rue
de _l'Évêque et de l'Abreuvoir-l'Évêque_. Elle est ainsi indiquée dans
les procès-verbaux de 1637 et de 1642[632].
[Note 632: Cette rue, se prolongeant maintenant à travers
les jardins qui avoisinoient l'église, vient aboutir à celle
de l'Arcade, vis-à-vis la rue des Mathurins. Dans ce
prolongement elle a une communication _sans nom_ avec la rue
d'Anjou, laquelle est située à son couchant.]
_Rue de Mantoue._ Voyez rue de Chartres.
_Rue du Marché._ Cette rue conduisoit à un marché qui a été transféré
près la porte Saint-Honoré, et c'est de là qu'elle avoit pris son nom;
elle a son entrée dans la rue Daguesseau et dans celle de Surêne.
_Rue Sainte-Marie._ Elle va de la rue des Batailles dans la nouvelle
rue de Lubeck.
_Ruelle Sainte-Marie._ Elle est située à l'extrémité de la rue des
Batailles, du côté de la barrière.
_Rue de Marigny._ On donne ce nom à une avenue plantée d'arbres, qui
aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre aux
Champs-Élysées; elle est située en face de l'hôtel Beauveau, et se
prolonge le long de celui que fit bâtir la marquise de Pompadour, et
qui appartint depuis à son frère le marquis de Marigny. Elle fut
ouverte lors des nouvelles plantations qui furent faites par ordre de
ce directeur général des bâtiments, jardins, etc.