diocèse. Avant mon départ, j'appris par madame de Chaumont qu'un
manuscrit portant pour titre: _Amours de_ MADAME et _du comte de
Guiche_, courait par Paris, et s'imprimait en Hollande. MADAME
appréhendait que ce livre, plein de faussetés et de médisances
grossières, ne vînt à la connaissance de MONSIEUR par quelque maladroit
ou malintentionné, qui peut-être envenimerait la chose. Elle m'en
écrivit pour lui en porter la nouvelle; elle en écrivit à madame de
Chaumont, qui était à Saint-Cloud, et moi à Paris. J'allai à
Fontainebleau, d'abord près MADAME, pour m'instruire plus amplement.
Elle me dit que Boisfranc (trésorier du prince) avait déjà dit la chose
à MONSIEUR sans sa participation; mais ce qui la touchait davantage,
c'était l'impression du manuscrit. J'envoyai exprès en Hollande un homme
intelligent, ce fut M. Patin (Charles Patin, le fils de celui dont on a
des lettres), pour s'informer de tous les libraires entre les mains de
qui ce libelle était. Il s'acquitta si bien de sa commission, qu'il fit
faire par les états généraux défense de l'imprimer, retira les dix-huit
cents exemplaires déjà tirés, et me les apporta à Paris; et il les
remit, par ordre de MONSIEUR, entre les mains de Merille. Cette affaire
me coûta beaucoup de peine et d'argent; mais, bien loin d'y avoir
regret, je m'en tins trop payé par le gré que MADAME m'en témoigna.»
Je crois que la première édition du libelle dont parle Cosnac, ou de
celui qu'on a substitué à l'ouvrage original, s'il a été anéanti, est
dans le recueil intitulé _Histoires galantes_; Cologne, chez Jean le
Blanc (sans date, p. 424 à 464). Ce morceau est intitulé _Histoire
galante de M... et du comte de G..._ On trouve la même histoire dans
quelques exemplaires de l'_Histoire amoureuse des Gaules_; Liége, édit.
Elzevir, 250 pages. L'ouvrage, dans cette édition, est intitulé tout
crument _Histoire galante de M. le comte de Guiche et de_ MADAME (58
pages). Une autre édition de ce libelle est dans le recueil intitulé
_les Dames illustres de notre siècle_; Cologne, chez Jean le Blanc,
in-12, 1682, p. 135-176. Ce morceau a pour titre _la Princesse, ou les
amours de_ MADAME. On le trouve encore, avec le même titre, dans le
recueil intitulé _Histoire amoureuse des Gaules, de M. de Bussy_, 1754,
5 vol. in-12, p. 130-186. Tout ces petits faits, curieux à connaître,
seront probablement éclaircis par la publication des Mémoires de Daniel
de Cosnac, que la Société de l'Histoire de France a livrés à
l'impression, et qui s'exécutent d'après deux manuscrits émanés de la
plume de l'évêque de Valence, mais différents en bien des points, parce
qu'ils ont été écrits à deux époques distinctes de la vie de
l'auteur.--Le premier volume des Mémoires de Cosnac est déjà imprimé, et
le second est annoncé comme très-avancé, dans les derniers bulletins de
la Société de l'Histoire de France.
Pages 7 et 8, lignes dernière et première: Deux petits poëmes de
Marigny, l'un intitulé _l'Enterrement_, l'autre _le Pain bénit_.
Ce dernier poëme est une satire contre les marguilliers de la paroisse
de Saint-Paul, sur laquelle demeurait madame de Sévigné. Il a été
imprimé avec ce titre: _le Pain bénit_, par l'abbé de Marigny, in-12 (23
pages); une autre édition a été donnée par Mercier de Compiègne,
intitulée _le Pain béni_ (_sic_), _avec autres pièces fugitives_, par
Marigny; nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée d'une notice sur
la vie et les ouvrages de l'auteur; Paris, Mercier, 1795, in-18 (82
pages). La notice est inepte; mais ce petit volume est curieux par la
satire contre Marigny, pages 35 et 42, qui est du temps.
Page 8, avant-dernière ligne: Il y a eu ici de plus honnêtes gens
que moi.
Ne donnez pas à ces mots le sens qu'ils ont aujourd'hui. Dans la langue
du siècle de Louis XIV, cela veut dire: Il y a eu de plus hauts
personnages que moi, des gens plus considérables.
Page 9, ligne 14: Ce fut le 15 août 1664 que madame de Sévigné alla
à Tancourt.
Les souvenirs de ce voyage que fit madame de Sévigné éclairent beaucoup
l'histoire de Bussy et de son libelle. C'est dans cette année 1664 que
Bussy se montra le plus occupé de ses intrigues amoureuses et qu'il
composa le plus de vers galants. C'est alors qu'il lut, dans les
sociétés où se trouvaient M. et madame de Montausier, ses _Maximes
d'amour, questions, sentiments et préceptes_, transcrits en entier dans
ses _Mémoires_ (t. II, p. 22 à 281); c'est alors qu'il se montre si
satisfait de sa fortune et de madame de Monglat, sa maîtresse (p. 285),
et qu'il se plaint d'avoir dans M. de Monglat un mari trop commode. Il
rime à ce sujet une imitation de l'élégie 19, liv. II, des _Amours
d'Ovide_, et dit (p. 286):
Si tu n'es pas jaloux pour ton propre intérêt,
Sois-le du moins, s'il te plaît,
Pour augmenter dans mon âme
L'amour que j'ai pour ta femme.
Je tiens qu'il faut être brutal
Pour pouvoir aimer sans rival.
A nous autres amants il faut de l'espérance.
Mais sans la crainte on n'a pas de plaisir;
On languit dans trop d'assurance,
Et les difficultés irritent les désirs.
A la fin d'août 1664, madame de Sévigné nous fait voir Bussy dans sa
terre de Forléans, lui rendant de fréquentes visites, et évidemment
tâchant de la séduire et de réveiller les langueurs que lui faisait
éprouver son amour satisfait. Lui-même parle d'un voyage (p. 292) qu'il
fit en Bourgogne, pour se consoler d'une affaire qu'on lui avait faite
auprès du roi. Cette affaire était son _Histoire amoureuse des Gaules_,
dont le secret commençait à percer, mais qui ne contenait encore ni le
morceau sur madame de Sévigné ni celui sur madame de Monglat, dont il se
croyait alors exclusivement aimé. De Forléans, il se rendit à son
château de Bussy, où une lettre, en date du 10 octobre 1664, au duc de
Saint-Aignan, nous le montre installé. (_Mémoires_, t. II, p. 293.)
C'est alors qu'il apprit que madame de Monglat lui était infidèle, et
que, dépité de cette trahison et d'avoir échoué près de sa cousine, il
se retourna vers madame de la Baume. Pour lui rendre plus agréable la
lecture du manuscrit qu'il lui prêtait et lui prouver qu'il lui
sacrifiait madame de Monglat, il ajouta le portrait de Bélise (de madame
de Monglat). Madame de la Baume le trahit; et, sur une copie qu'elle
laissa ou qu'elle fit faire, le libelle fut imprimé en Hollande. Dès
lors se forma l'orage qui devait pour toujours mettre obstacle à
l'ambition de Bussy. Ce ne fut cependant qu'après le mois de mars 1665
qu'il éclata. Bussy fut alors reçu de l'Académie française, et y
prononça son discours d'admission. Par un billet qu'il adressa au duc de
Saint-Aignan le 12 avril 1662, on voit que déjà le scandaleux libelle
était connu de plusieurs personnes.--Le roi fit arrêter Bussy le
vendredi 17 avril; et on le conduisit aussitôt à la Bastille, afin de le
dérober aux recherches du prince de Condé, qui voulait se porter contre
lui aux dernières violences.
Page 9, ligne 17: Bussy, qui était alors à sa terre de Forléans,
vint la voir.--Page 10, ligne 5: Bourbilly.--Page 11, ligne 5:
Époisses.
FORLÉANS était une seigneurie indépendante; c'était une annexe de la
paroisse de Montberteau, du diocèse de Langres, du doyenné de
Moutier-Saint-Jean, du bailliage et recette de Semur-en-Auxois. Ses
dépendances étaient Forléans, Plumeron et Villers-Fremoy, et encore la
justice à Changy (GARNAU, _Description du gouvernement de Bourgogne_, 2e
édit., p. 486, 487) Du temps d'Expilly, en 1764, on ne comptait à
Forléans que vingt-huit feux, à peu près cent vingt habitants; en 1837,
il y avait deux cent dix-huit habitants.
BOURBILLY, village de la paroisse de Vic-de-Chassenay, du bailliage de
Semur-en-Auxois (GARNAU, _Description_, etc., p. 374). En 1762,
d'Expilly, dans son _Dictionnaire_, tome I, page 729, donnait vingt-deux
feux (cent vingt habitants) à Bourbilly.
ÉPOISSES, bourg de l'Auxois, était église collégiale et paroisse du
diocèse de Langres, du doyenné de Moutier-Saint-Jean, marquisat du
bailliage de Semur. Ses dépendances étaient Époisses, Coromble,
Torcy-lez-Époisses, Vic-de-Chassonay, Toutry (paroisse), Époissette,
Menetoy, Menetreux, Pijailly et Pontigny; et, dans le bailliage
d'Avallon, Atic-sous-Montréal, Saint-Magnence et presque tout
Cussy-les-Forges, communauté de la recette de Semur. La vallée
d'Époisses produit du froment, et passe pour une des plus fertiles de la
province (GARNAU, _Description de la Bourgogne_, page 478, 2e édition).
D'Expilly (_Dictionnaire des Gaules et de la France_, tome II, page 753)
dit que, de son temps (en 1762), Époisses comptait quatre-vingt-quinze
feux, ce qui suppose quatre cent soixante-quinze habitants. Le
_Dictionnaire de la poste aux lettres_ (in-folio, tome II, page 264)
porte ce nombre à mille six, en 1837.
Page 11, avant-dernière ligne: Par son premier mariage avec
Françoise de la Grange.
D'Expilly, dans son _Dictionnaire des Gaules et de la France_, tome I,
page 753, a donné la généalogie de Françoise de la Grange, marquise
d'Époisses. Elle fut mariée à Guillaume de Pechpeirou de Comenge, comte
de Guitaut, qu'elle fit son héritier, et qui devint ainsi marquis
d'Époisses. Elle mourut sans postérité le 31 mars 1661. Le comte de
Guitaud se remaria en 1669 à Élisabeth-Antoinette de Verthamont, d'où
descendent en ligne directe les Guitaud que nous avons vus de nos jours
possesseurs d'Époisses. C'est de cette dernière marquise d'Époisses que
parle madame de Sévigné.
Page 13, ligne 3: En faisant de grands embellissements à son
magnifique château d'Époisses.
Ce château subsiste toujours en entier et dans toute sa splendeur, avec
ses belles fortifications, ses vieux tilleuls, ses beaux ombrages, ses
archives, ses portraits, ses nobles souvenirs; il a été la propriété des
comtes de Montbard et des princes de Montagu, première race des ducs de
Bourgogne. Un descendant direct du comte de Guitaud le possède, bonheur
rare dans les temps où nous vivons. C'est à la plume du comte Athanase
de Guitaud qu'est due la notice qui accompagne la planche gravée de la
vue d'Époisses qui se trouve dans le _Voyage pittoresque de Bourgogne_,
publié à Dijon en 1823 (t. I, feuille 9, no 3). Les fortifications de ce
château avaient été construites par le prince de Condé (le grand Condé).
Ce prince en avait eu la jouissance en vertu d'un fidéicommis du comte
de Guitaud d'Époisses. Condé avait fait de ce château une petite place
forte, et n'avait consenti à le rendre qu'après le remboursement de
toutes les dépenses que les fortifications avaient coûtées. (Voyez la
_Lettre de_ BUSSY _au comte de Coligny_, en date du 18 mai 1667, dans
les _Mémoires du comte_ DE COLIGNY-SALIGNY, 1841, in-8º, p. 127.)
Page 14, ligne 26: Dur et égoïste dans son intérieur.
Lord Mahon, dans son Histoire du prince de Condé, en parlant du duel
entre Rabutin, page de la princesse de Condé, et son valet de chambre, a
soutenu que la princesse était parfaitement pure de toute intrigue
galante; qu'elle avait été calomniée et horriblement persécutée par son
époux et par son fils. Nous avons combattu cette opinion et fait
observer que, quels que soient les vices dont Condé et son fils
pouvaient être accusés, on ne saurait leur supposer un cœur assez
corrompu, assez pervers pour calomnier et tenir en captivité une femme
digne d'estime, une épouse et une mère. Lord Mahon, dans une lettre
qu'il m'a fait l'honneur de m'écrire, m'a cité Saint-Simon, qui dit que
M. le Duc était envers la princesse un fils dénaturé. Cette observation
est exacte, et il est très-vrai que le duc d'Enghien, au lieu de
protéger sa mère contre la colère de son époux, fut aussi d'avis que
l'on employât des mesures de rigueur. C'est que, connaissant l'abandon
où son père laissait la princesse et les moyens qu'elle prenait pour se
consoler, il avait plus d'intérêt que Condé même à prévenir les suites
de cet isolement.--Dans ce siècle si corrompu sous le rapport des
mœurs, les femmes vertueuses inspiraient un grand respect: Louis XIV
donnait l'exemple de ce respect et de ces égards envers la reine.
L'opinion publique, à défaut du souverain, eût protégé la femme du grand
Condé contre un acte aussi odieux d'autorité maritale s'il n'avait été
motivé par la nécessité de pourvoir à l'honneur et aux intérêts de la
maison du premier prince du sang. Nous avons trouvé dans la recueil
manuscrit des vaudevilles et autres pièces de vers (édition de Maurepas)
qui est à la Bibliothèque nationale (vol. III, p. 397, sous la date de
1671) une fable allégorique, intitulée _le Lion, le Chat et le Chien_.
Cette fable, fort longue et assez bien versifiée, est relative à
l'aventure de Rabutin et du valet de chambre. Les notes disent que le
prince de Condé avait épousé malgré lui Claire-Clémence de Maillé-Brezé;
que, quoiqu'elle fût fort belle, il la négligea; qu'elle vivait fort
retirée, paraissant rarement à la cour. Presque toujours dans ses
appartements, elle sortait peu; mais on remarque qu'elle vivait trop
familièrement avec ses gens. Dans l'affaire du page et du valet de
chambre, il est dit qu'elle fut blessée d'un coup d'épée; que le valet
de chambre, condamné aux galères, mourut en s'y rendant, et qu'on
soupçonna qu'il avait été empoisonné.
CHAPITRE II.
Page 19, ligne 14: Mademoiselle de Meri.
Il résulte des lettres de madame de Sévigné que cette parente, qui ne se
maria jamais, était vaporeuse, maladive, ennuyeuse, mais bonne, sensible
et serviable. Dans le recueil des chansons choisies de Coulanges, 2e
édit., t. I, p. 280, il s'en trouve une intitulée _Pour mademoiselle de
Meri, conduisant jusqu'à Fontainebleau madame de Coulanges, qui s'en
allait en Berry_.
Page 20, ligne 11: Il aimait à se rappeler surtout les heures de
gaieté folâtre; et note 53, renvoyant à la seconde partie de ces
_Mémoires_, p. 102 de la 2e édit.--Dans la lettre de madame de
Sévigné il est dit: «Vous aviez huit ans.»
C'était donc en 1757, l'année même où l'abbé Arnauld vit aussi madame de
Sévigné chez son oncle Renaud de Sévigné, et où il fut si frappé de la
beauté de ses enfants. (_Mémoires de l'abbé_ ARNAULD, t. XXXIV, p. 314
de la collection de Petitot; t. XI, p. 62 et 63 de l'édition de 1736.)
Page 24, ligne 8: Frère de cette marquise de Montfuron.
Le chevalier Perrin, dans ses Notes sur les lettres de madame de
Sévigné, nous apprend que Marie Pontever de Buous, marquise de
Montfuron, était femme de Léon de Valbelle et cousine germaine de M. de
Grignan. Elle était belle-sœur de l'évêque d'Alet. Le _Mercure galant_
(juin 1679, p. 297), en annonçant la mort de la marquise de Montfuron,
ajoute qu'elle était d'une beauté surprenante.
Page 26, ligne première: Traité secret conclu avec Charles II en
1670.
Ce traité, dont l'original est en la possession de lord Clifford, qui
l'a communiqué au docteur Lingard, a été signé, de la part de la France,
par Charles Colbert de Croissy, fils du ministre Colbert; par Arlington,
Thomas Arundell, T. Clifford et R. Billing; il a été conclu à Douvres le
22 mai 1670.--Les négociations avaient commencé le 31 octobre 1669.
Charles II s'y intitule _le Défenseur de la foi_. Il se dit convaincu
de la vérité de la religion catholique, et promet qu'aussitôt qu'il le
pourra il se réconciliera avec l'Église romaine.
CHAPITRE III.
Page 37, ligne 17: Les princes d'Orange ne reconnaissaient pas
cette prétention.
Après le décès de Guillaume III, roi d'Angleterre, mort sans enfants le
19 mars 1702, le prince de Nassau-Dietz et Frédéric 1er, roi de Prusse,
prétendirent avoir des droits à l'héritage de la principauté d'Orange.
Louis XIV se posa entre les deux contendants, et prétendit que la
principauté d'Orange était dévolue à la couronne de France, faute d'hoir
mâle. A cette occasion, il fit valoir l'hommage qui avait été rendu à
Louis XI en 1475. Le prince de Conti revendiqua la principauté d'Orange
en qualité d'héritier de la maison de Longueville, les ducs de cette
maison se prétendant héritiers du dernier des princes de Châlons ou de
la dynastie des princes d'Orange, qui avait précédé celle de Nassau. Sur
ces contestations, il intervint un arrêt du parlement de Paris qui
adjugea le domaine utile d'Orange au prince de Conti et le haut domaine
au roi de France, ce qui fut confirmé par l'article 10 du traité
d'Utrecht. Le 13 décembre 1714 un arrêt du conseil unit la principauté
d'Orange au Dauphiné.
Page 41, ligne 17: De Guilleragues.
Il est mort ambassadeur à Constantinople en 1679. Il se nommait
Girardin, et était probablement parent des Girardin d'Ermenonville; car,
dans un été que nous avons passé en 1810 dans ce beau lieu, nous avons
vu la copie de la correspondance de cet ambassadeur, reliée en huit ou
dix gros volumes in-fol., et reléguée dans une mansarde de la petite
maison qui était devant le château.
Page 44, ligne 13: Lausier, son capitaine des gardes.
Il est probable que c'est le même dont madame de Sévigné raconte la mort
subite dans le passage cité. Cependant, comme ils étaient plusieurs
frères, les uns morts et les autres vivants en janvier 1690, cela n'est
pas certain.
Page 48, ligne 2: Procureur du pays-joint.
Telle est l'expression consacrée et toujours la même pour cette charge.
Dans les _Extraits de délibérations_ imprimés, souvent on rencontre, par
abréviation, _procureur-joint_. Madame de Sévigné au contraire se sert
constamment du terme de syndic, parce que les procureurs, dans les
assemblées des villes et communautés, remplissaient les mêmes fonctions
que les syndics dans les assemblées des états, remplacées ensuite par
les assemblées des communautés.--Dans la 4e partie de ces Mémoires, au
lieu de procureur-joint, les imprimeurs ont mis _procureur-adjoint_.
C'est une faute.
Page 55, ligne 21: Que vous nommez M. de Buous.
Marguerite de Grignan, fille de Louis-François, comte de Grignan,
sénéchal de Valentinois, qui mourut en 1620, épousa Ange de Pontever de
Buous; et c'est par cette alliance que les de Buous étaient parents des
Grignan. Le marquis de Buous était probablement frère ou proche parent
du chevalier de Buous, capitaine de vaisseau en 1656. (Voir à la page 14
des _Mémoires du marquis de Villette_, publiés en 1841, une note du
savant archiviste de la marine, M. Jal, sur le chevalier de Buous et le
marquis de Martel, mentionné si souvent dans les lettres de madame de
Sévigné.)
Page 56, ligne 17: Deux députés, Saint-Aubin Treslon et Des Clos de
Sauvage.
A la page 381 du _Recueil de la tenue des états de Bretagne_, mss. Bibl.
nat. (Bl.-Mant.), no 75, dans la liste des noms des députés envoyés à la
cour pour porter les remontrances on trouve ces lignes: «A la place de
SÉVIGNÉ, abbé de Geneston, député à la chambre aux états précédents,
décédé, a été nommé messire Louis du Metz, abbé de Sainte-Croix de
Guingamp.»
Page 58, ligne 19: D'Harouïs était son ami et son allié.
D'Harouïs avait épousé Marie Madeleine de Coulanges, cousine germaine de
la marquise de Sévigné; il la perdit le 22 septembre 1662.
CHAPITRE IV.
Page 64, ligne 17: Qu'aucune femme ne peut pardonner.
Voici le passage:
«Je comprends fort bien que le baiser du roi, à ce que vous me mandez,
n'a été qu'un baiser de pitié; car je tiens le goût de notre maître trop
délicat pour prendre plaisir à baiser la La Baume.» (_Mém. de
Coligny-Soligny_, 1841, in-8º, p. 127.)
Page 65, ligne 5 et note 151: La conversation, dit-il, avec madame de
la Morésan et moi.
Cette madame de la Morésan ou Lamorésan avait la parole rude et son
franc-parler.--Le duc de Lauzun avait été à toute extrémité, et sa
sœur, madame de Nogent, pleurait du danger qu'il avait couru. Alors
madame de la Morésan lui dit en présence de MADEMOISELLE, plus éprise de
Lauzun depuis la rupture de son mariage: «Hélas! madame, vous
fâcherez-vous? Vous auriez été bien heureuse que monsieur votre frère
fût mort d'une mort ordinaire! C'est un homme si emporté qu'un de ces
jours on le trouvera pendu; il est tout propre à faire quelque folie.»
Page 66, ligne 4: Sous une forme qui ne convenait pas à ce dernier.
On peut voir la remarquable lettre de Louis XIV que nous citons en cet
endroit. En 1665, Martel était considéré comme un officier d'une grande
capacité, mais peu soumis au duc de Beaufort, qui avait le commandement
en chef de la flotte.
Page 66, ligne 13: Un d'eux citait madame de Grignan.
C'était le chevalier de Cissé, frère de madame de Martel. Voici comment
madame de Sévigné raconte la chose, à propos des éloges qu'elle donne
toujours à la danse des Bretons.
«Je vis hier danser des hommes et des femmes fort bien: on ne danse pas
mieux les menuets et les passe-pieds. Justement, comme je pensais à
vous, j'entends derrière moi un homme qui dit assez haut: «Je n'ai
jamais vu si bien danser que madame la comtesse de Grignan.» Je me
tourne, je trouve un visage inconnu; je lui demande où il avait vu cette
madame de Grignan? C'est un chevalier de Cissé, frère de madame Martel,
qui vous a vue à Toulon avec madame de Sinturion. M. Martel vous donna
une fête dans son vaisseau; vous dansâtes, vous étiez belle comme un
ange. Me voilà ravie de trouver cet homme; mais je voudrais que vous
pussiez comprendre l'émotion que me donna votre nom, qu'on venait me
découvrir dans le secret de mon cœur, lorsque je m'y attendais le
moins.» (Lettre du 6 août 1680, t. VII, p. 157, édit. G.)
Page 67, ligne 4: La foi de son exil.
Cet exil se serait plus promptement terminé, si Bussy avait pu empêcher
la publicité toujours croissante de son libelle de l'_Histoire amoureuse
des Gaules_, par les éditions que l'on en faisait à l'étranger. Ces
éditions se sont multipliées à un point que l'on ne connaissait pas.
J'ai donné les titres de toutes celles que j'avais pu découvrir. J'en ai
depuis rencontré une, intitulée _Histoire amoureuse des Gaules_; Liége,
1665, in-12 de 260 pages, avec un feuillet pour la clef, exactement
comme l'édition qui porte le même titre, mais avec la date de 1666, et
les mots _nouvelle édition_, ce qui fait croire que cette dernière est
celle de 1666 avec un nouveau titre.--Je dois signaler encore une autre
édition dont j'ai un exemplaire en maroquin rouge, relié par Padeloup,
avec les armes du Dauphin, non pas sur le plat du livre, mais sur le
dos. Cette édition a un frontispice gravé avec une Renommée à la
trompette, et cette Renommée porte un étendard où se trouve le titre:
_Histoire amoureuse des Gaules_ (ce frontispice a été reproduit
grossièrement dans l'édition de 1710); point d'autre frontispice que
cette gravure. L'intitulé en tête du texte diffère du frontispice, et
porte: _Histoire amoureuse de France_, de même que l'édition avec le
frontispice gravé du salon de la Bastille; ce sont aussi les mêmes
caractères elzéviriens, petits. On croirait que c'est la même édition, à
laquelle on a mis des frontispices gravés, si, après la page 196, on ne
voyait que les deux éditions cessent de se correspondre. On s'aperçoit à
cette page que l'édition à la _Renommée_ est antérieure à celle du
_salon_, parce que le fameux cantique manque, et qu'il est dans celle du
_salon_. Ainsi l'édition de la _Renommée_ a deux cent quarante-quatre
pages, et ensuite douze pages, paginées séparément, pour les _Maximes
d'amour_ et la lettre à Saint-Aignan: l'édition au _salon_ a deux cent
cinquante-huit pages qui se suivent.
Page 76, ligne 6: On accuse Bussy d'être l'auteur des chansons,
etc.