Ahmadou-Sy, fils d’Ahmady-Gaye et frère de Toumané-Mody, monta
régulièrement sur le trône du Bondou à la mort de l’almamy
Saada. C’était le plus âgé des Sissibés. La branche de
Boulébané, s’appuyant sur son grand âge qui le rendait incapable
de bien gouverner, ne voulait pas de lui, mais les Sissibés de
Koussan réussirent à le faire nommer almamy. Profitant de sa
faiblesse, ses ennemis pillèrent et confisquèrent les biens
de quelques malheureux, cherchant aussi à les soulever contre
lui. Leurs plans furent déjoués, car après un an de règne,
Ahmadou-Sy mourait, âgé de quatre-vingt-dix ans.
Il avait continué la guerre contre les Sarracolés et les
Malinkés. Il poussa même une pointe jusqu’au cœur du Kaméra. Le
chef du village de Makhana, sur le Sénégal, avait depuis longtemps
des démêlés avec son collègue de Magal-Lagaré. Se sentant trop
faible pour lutter contre lui, il implora l’appui de l’almamy
du Bondou et vint à Koussan se mettre sous la protection
d’Ahmadou-Sy. Celui-ci donna quelques troupes à son neveu
Séga-Toumané, fils de Toumané-Mody, qui marcha immédiatement
contre Magal-Lagaré et s’en empara sans coup férir. Le village
fut mis au pillage et Séga rentra à Koussan sans être inquiété.
L’almamy Ahmadou-Sy laissa en mourant quatre fils, dont un seul
vit encore à Sénoudébou, Séga-Ahmadou. Les trois autres,
Ahmady-Ahmadou, Toumané-Ahmadou et Moussa-Yéro, suivirent
El-Hadj-Oumar et moururent dans le Ségou.
OUMAR-SANÉ ET AHMADY-GAYE (guerre civile).