MOUSSA-YÉRO-MALICK-AÏSSATA (1819-1827).

A la mort d’Ahmady, trois prétendants se présentaient pour

recueillir sa succession : Toumané-Mady, Moussa-Yéro-Malick-Aïssata

et Malick-Samba-Toumané, son cousin et héritier le plus direct. Les

Sissibés portèrent leur choix sur Moussa-Yéro-Malick-Aïssata,

qui fut élu almamy le 20 janvier 1819. Ahmady-Kama, descendant de

Toumané-Boubou-Malick, avait bien essayé aussi d’élever des

prétentions au trône du Bondou, malgré l’exclusion qui avait

été prononcée contre sa famille par les héritiers politiques

de Maka-Guiba, mais il fut écarté et sa candidature ne fut même

pas discutée.

Moussa-Yéro-Malick était un homme relativement paisible, aussi

son règne ne fut-il marqué que par des expéditions de peu

d’importance. Il envoya ses colonnes contre Farabanna, dans le

Niagala, et contre Goulmy, Kotéra et Moussala, dans le Kaméra. Les

N’Diaybès, de Bakel, eurent également à essuyer ses feux ; mais

en dernier lieu, protégés par les canons du fort que nous venions

d’y construire, il furent laissés en repos par Moussa qui incendia

leurs récoltes et parvint ainsi à les empêcher d’inquiéter le

Bas-Bondou. Il établit des impôts sur les gens du Bambouck, du Ouli

et du Tenda, et réussit à garantir ses frontières du brigandage des

peuplades voisines. Mais il se comporta mal avec l’expédition du

major Grey, qu’il retint longtemps, espérant toujours en obtenir

de nouveaux cadeaux. En janvier 1819, le major put enfin partir,

après avoir failli être plusieurs fois victime des indigènes.

Moussa mourut en 1827. Il avait régné huit ans.

Il laissa trois enfants, dont aucun ne devait monter sur le trône,

et qui, tous, moururent à la suite d’El-Hadj-Oumar. Ce furent :

Demba-Moussa, Saada-Doudé et Bala-Setté.

Le Bondou: étude de géographie et d'histoire soudaniennes · 第 9 / 34 题