A la mort d’Ahmady, trois prétendants se présentaient pour
recueillir sa succession : Toumané-Mady, Moussa-Yéro-Malick-Aïssata
et Malick-Samba-Toumané, son cousin et héritier le plus direct. Les
Sissibés portèrent leur choix sur Moussa-Yéro-Malick-Aïssata,
qui fut élu almamy le 20 janvier 1819. Ahmady-Kama, descendant de
Toumané-Boubou-Malick, avait bien essayé aussi d’élever des
prétentions au trône du Bondou, malgré l’exclusion qui avait
été prononcée contre sa famille par les héritiers politiques
de Maka-Guiba, mais il fut écarté et sa candidature ne fut même
pas discutée.
Moussa-Yéro-Malick était un homme relativement paisible, aussi
son règne ne fut-il marqué que par des expéditions de peu
d’importance. Il envoya ses colonnes contre Farabanna, dans le
Niagala, et contre Goulmy, Kotéra et Moussala, dans le Kaméra. Les
N’Diaybès, de Bakel, eurent également à essuyer ses feux ; mais
en dernier lieu, protégés par les canons du fort que nous venions
d’y construire, il furent laissés en repos par Moussa qui incendia
leurs récoltes et parvint ainsi à les empêcher d’inquiéter le
Bas-Bondou. Il établit des impôts sur les gens du Bambouck, du Ouli
et du Tenda, et réussit à garantir ses frontières du brigandage des
peuplades voisines. Mais il se comporta mal avec l’expédition du
major Grey, qu’il retint longtemps, espérant toujours en obtenir
de nouveaux cadeaux. En janvier 1819, le major put enfin partir,
après avoir failli être plusieurs fois victime des indigènes.
Moussa mourut en 1827. Il avait régné huit ans.
Il laissa trois enfants, dont aucun ne devait monter sur le trône,
et qui, tous, moururent à la suite d’El-Hadj-Oumar. Ce furent :
Demba-Moussa, Saada-Doudé et Bala-Setté.