TOUMANÉ-MODY (1827-1835).

A la mort de Moussa-Yéro-Malick-Aïssata, Ahmady-Saada, fils

d’Ahmady-Aïssata, voulut se faire couronner. Il avait des droits

légitimes, mais son avarice le fit échouer. Ahmady-Kama, de son

côté, chercha encore à monter sur le trône du Bondou ; mais il

trouva contre lui Toumané-Mody, le fils aîné d’Ahmady-Gaye, qui,

cette fois, pour couper court à toutes réclamations de ce prince,

se fit couronner almamy à Koussan.

Ahmady-Kama essaya de contrecarrer l’autorité de

Toumané-Mody. Celui-ci, pour en finir, expédia contre lui son

frère Malick-Coumba qui, à la tête de quelques guerriers, le

força à se réfugier dans le Toro.

Toumané-Mody eut à lutter contre les Malinkés du Bambouck et

contre le Tenda. La dernière année de son règne, il traversa la

Gambie et marcha contre Coppar, dans le Ghabou. Il s’empara de ce

village, mais au moment de rentrer dans le Bondou, tous les habitants

du Ghabou se levèrent en masse et lui barrèrent le passage dans

un étroit sentier bordé de bambous très épais. L’armée du

Bondou fut dispersée et l’almamy lui-même fut blessé au cou. Il

rentra en grand désordre à Boulébané et ne guérit jamais de sa

blessure. Il en mourut dans ce village un an après.

Toumané-Mody laissa douze enfants, dont voici les noms :

Samba-Toumané, mort dans la journée de Fissa-Daro, pendant les

guerres civiles ; Alkossoun, assassiné à Somsom-Tata ; Abbas

et Ibrahim-Ténendia, morts sans régner ; Oumar-Bily-Carry,

Abdoul-Saloum, Ely-Guitta, Hamet, morts chez El-Hadj-Oumar sans

postérité, ainsi que Boubakar-Sidik ; Séga-Toumané, mort chez

El-Hadj, en laissant un fils à Nioro et l’autre à Koussan-Almamy ;

Sourakoto, mort chez El-Hadj, et dont le fils vit dans le Bondou,

et enfin Salif, qui vit encore à Koussan-Almamy.

Le Bondou: étude de géographie et d'histoire soudaniennes · 第 10 / 34 题