A la mort de Moussa-Yéro-Malick-Aïssata, Ahmady-Saada, fils
d’Ahmady-Aïssata, voulut se faire couronner. Il avait des droits
légitimes, mais son avarice le fit échouer. Ahmady-Kama, de son
côté, chercha encore à monter sur le trône du Bondou ; mais il
trouva contre lui Toumané-Mody, le fils aîné d’Ahmady-Gaye, qui,
cette fois, pour couper court à toutes réclamations de ce prince,
se fit couronner almamy à Koussan.
Ahmady-Kama essaya de contrecarrer l’autorité de
Toumané-Mody. Celui-ci, pour en finir, expédia contre lui son
frère Malick-Coumba qui, à la tête de quelques guerriers, le
força à se réfugier dans le Toro.
Toumané-Mody eut à lutter contre les Malinkés du Bambouck et
contre le Tenda. La dernière année de son règne, il traversa la
Gambie et marcha contre Coppar, dans le Ghabou. Il s’empara de ce
village, mais au moment de rentrer dans le Bondou, tous les habitants
du Ghabou se levèrent en masse et lui barrèrent le passage dans
un étroit sentier bordé de bambous très épais. L’armée du
Bondou fut dispersée et l’almamy lui-même fut blessé au cou. Il
rentra en grand désordre à Boulébané et ne guérit jamais de sa
blessure. Il en mourut dans ce village un an après.
Toumané-Mody laissa douze enfants, dont voici les noms :
Samba-Toumané, mort dans la journée de Fissa-Daro, pendant les
guerres civiles ; Alkossoun, assassiné à Somsom-Tata ; Abbas
et Ibrahim-Ténendia, morts sans régner ; Oumar-Bily-Carry,
Abdoul-Saloum, Ely-Guitta, Hamet, morts chez El-Hadj-Oumar sans
postérité, ainsi que Boubakar-Sidik ; Séga-Toumané, mort chez
El-Hadj, en laissant un fils à Nioro et l’autre à Koussan-Almamy ;
Sourakoto, mort chez El-Hadj, et dont le fils vit dans le Bondou,
et enfin Salif, qui vit encore à Koussan-Almamy.