INTERRÈGNE (1718-1728).

Boubou-Malick-Sy laissa quatre enfants : Toumané-Boubou-Malick-Sy,

qui mourut peu après son père ; Mody-Boubou-Malick-Sy, qui

donna naissance aux Sissibés de N’Dagor et d’Amaguié ;

Maka-Boubou-Malick-Sy, plus connu sous le nom de Maka-Guiba ou

Maka-Djiba, et enfin Alioum-Boubou-Malick.

Boubou-Malick-Sy mort, ses enfants se trouvèrent sans défense. Leurs

oncles Mody-Malick et Toumané-Malick, à cette nouvelle, s’étaient

enfuis dans le Fouta-Toro, d’où ils n’osèrent jamais revenir.

Les Malinkés, sentant bien combien était en ce moment précaire la

puissance des Sissibés, envahirent le Bondou. A leur approche tous

les membres de la famille de Malick-Sy s’enfuirent dans le Toro,

à l’exception toutefois de Maka-Guiba. De plus, les Guirobés,

forts du droit que leur donnait le traité conclu avec Malick-Sy,

revendiquèrent le pouvoir suprême. Les Torodos-Tambadounabés,

de leur côté, faisaient valoir des droits égaux. En un mot

l’anarchie la plus complète régnait dans le Bondou.

Craignant pour ses jours, Maka-Guiba alla se cacher chez les Tiambés

ou Torodos de Fissa-Tiambé. Pendant dix ans, il resta sous la

tutelle d’un chef des Guénars. Les Guirobés, qui appréhendaient

sa majorité, le firent rechercher. Ils firent demander au chef des

guerriers, chez lequel le jeune prince était caché, s’il existait

encore quelque part un rejeton de la famille des Sissibés. Celui-ci,

sentant que les Guirobés, qui abhorraient cette famille, n’auraient

pas manqué de le faire disparaître, répondit négativement.

Ayant atteint l’âge de trente deux ans, Maka-Guiba résolut de

réclamer ses droits au commandement. Le Bondou était alors gouverné

par les Guirobés, qui, n’ayant aucune autorité, en étaient

arrivés à laisser à chaque village son indépendance. Maka-Guiba

se rendit alors dans le Toro rejoindre ses frères, ses oncles et

ses cousins, les descendants de N’Diob-Hamet, oncle de son aïeul

Malick-Sy, et qui n’avaient jamais quitté Souïma. Il leur exposa

le projet qu’il avait formé de reconquérir le Bondou, et leur

demanda de se joindre à lui pour continuer l’œuvre de Malick-Sy,

leur ancêtre. Ses oncles et ses frères n’osèrent pas se hasarder

dans une entreprise aussi périlleuse et qui avait déjà fait tant

de victimes dans leur famille. Mais les fils de N’Diob-Hamet lui

promirent le concours le plus absolu.

Maka-Guiba ne se rebuta pas et, à la tête des quelques guerriers que

lui avaient procurés ses cousins, il pénétra dans le Bondou. Il se

rendit directement à Boubaïa, fit réunir les notables guirobés

et guénars, et leur fit connaître ses prétentions. Les Guénars

firent une vive opposition ; et après une guerre civile de courte

durée, et dont il sortit vainqueur, son autorité fut reconnue,

et il fut proclamé élimane, au détriment des ayants droit, qui

avaient fuit et déserté la cause de Malick-Sy.

Le Bondou: étude de géographie et d'histoire soudaniennes · 第 2 / 34 题