Bakri venait souvent au consulat de France traiter de nos affaires avec
M. Dubois-Thainville: «Que voulez-vous? disait celui-ci, vous êtes
Algérien, vous serez la première victime de l’obstination du dey. J’ai
déjà écrit à Livourne pour qu’on se saisisse de vos familles et de vos
biens. Lorsque les bâtiments chargés de coton, que vous avez dans ce
port, arriveront à Marseille, ils seront immédiatement confisqués; c’est
à vous de voir s’il ne vous convient pas mieux de payer la somme que
réclame le dey que de vous exposer à une perte décuple et certaine.»
Le raisonnement était sans réplique, et quoi qu’il pût lui en coûter,
Bakri se décida à payer la somme demandée à la France.
La permission de partir nous fut immédiatement accordée; je m’embarquai,
le 21 juin 1809, sur un bâtiment dans lequel prenaient passage M.
Dubois-Thainville et sa famille.