_Le Religieux de Saint-Denis_, traduit par M. Bellaguet.
Bientôt le roi, irrité de l'insolence des Rouennais, et ne voulant pas
fermer les yeux sur leurs outrages, de peur de les rendre plus
audacieux et de les encourager à de nouvelles fautes, entra dans la
ville avec ses oncles et une suite nombreuse de nobles seigneurs. Les
principaux auteurs des crimes qui avaient été commis voulaient lui
refuser l'entrée s'il ne promettait préalablement l'impunité. Le roi
n'en fut que plus irrité, et sans différer sa vengeance, il fit raser
la porte par laquelle il était entré; en passant près du beffroi de la
ville, il fit enlever la cloche qui servait à réunir la commune, et
enjoignit à tous les bourgeois de porter en personne leurs armes au
château royal; ce qu'ils firent avec regret et mécontentement. Le jour
suivant, les principaux coupables, condamnés à mort par le conseil du
roi, subirent la peine capitale en vue du peuple; enfin, des
commissaires royaux furent chargés de recueillir l'impôt sur les
boissons et la vente des draps.