PREMIER DÉCRET

Lyon, le 13 Mars 1815.

Napoléon, Empereur des Français, etc. etc.

Considérant que la Chambre des pairs est composée en partie de

personnes qui ont porté les armes contre la France et qui ont

intérêt au rétablissement des droits féodaux, à la destruction de

l'égalité entre les différentes classes, à l'annulation des ventes

des domaines nationaux, et enfin à priver le peuple des droits

qu'il a acquis par vingt-cinq ans de combats contre les ennemis de

la gloire nationale;

Considérant que les pouvoirs des députés du Corps législatif

étaient expirés, et que dès lors la Chambre des communes n'a plus

aucun caractère national: qu'une partie de cette Chambre s'est

rendue indigne de la confiance de la nation, en adhérant au

rétablissement de la noblesse féodale abolie par la constitution

acceptée par le peuple, en faisant payer par la France des dettes

contractées à l'étranger pour tramer des coalitions et soudoyer des

armées contre le peuple Français; en donnant aux Bourbons le titre

de roi légitime: ce qui était déclarer rebelle le peuple Français

et les armées, proclamer seuls bons Français les émigrés qui ont

déchiré pendant vingt-cinq ans le sein de la patrie, et violer tous

les droits du peuple; en consacrant le principe, que la nation

était faite pour le trône, et non le trône pour la nation;

Nous avons décrété et décrétons ce qui suit:

Art. 1. La Chambre des pairs est dissoute.

Art. 2. La Chambre des communes est dissoute; il est ordonné à

chacun des membres convoqués et arrivés à Paris depuis le 7 mars

dernier, de retourner sans délai dans leurs domiciles.

Art. 3. Les colléges électoraux des départemens de l'empire seront

réunis à Paris, dans le courant du mois de mai prochain, en

assemblée extraordinaire du Champ de Mai, afin de prendre les

mesures convenables pour corriger et modifier nos constitutions,

selon l'intérêt et la volonté de la nation; et en même tems pour

assister au couronnement de l'Impératrice, notre très-chère et

bien-aimée épouse, et à celui de notre cher et bien-aimé fils.

Art. 4. Notre grand maréchal, faisant fonctions de major-général de

la grande armée, est chargé de prendre les mesures nécessaires pour

la publication du présent décret.

Les Cent Jours (1/2) Mémoires pour servir à l'histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon en 1815. · 第 11 / 22 题